Revue de presse

AccueilRevue de presseSociétéSupprimer les allocations pour lutter contre les absences à l’école ?

Supprimer les allocations pour lutter contre les absences à l’école ?

Paru le 30 octobre 2018 | dans Société
Rédigé par Franck Gintrand

Le débat : Entrée en vigueur sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, abrogée sous François Hollande, la loi qui supprimait les allocations pour les parents d’enfants absentéistes doit-elle être rétablie ?

Origine du débat : suite au braquage d’un enseignant dans un lycée de Créteil, Emmanuel Macron a demandé au ministère de l’Intérieur de « prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis »

Les arguments : Selon le bilan dressé par E. Ciotti, 79.149 signalements avaient été faits pendant l’année 2011-2012, entraînant la suspension temporaire de 619 allocations. « Elle avait permis le retour vers l’école de plusieurs dizaines de milliers d’élèves », assure aussi Eric Ciotti. Ancien ministre de l’Education, Luc Chatel avait salué l’efficacité de la loi. « Sur 79.149 signalement, seulement 1%, ont abouti à une suspension des allocations familiales. En d’autres termes, 99% des cas ont eu pour résultat un retour à l’école, ce qui veut dire que cette loi est efficace ».

Les contre-arguments : le gouvernement de Jean-Marc Ayrault faisait pour sa part une autre lecture. « Sur 12 millions d’élèves concernés et environ 300.000 élèves absentéistes, il y a eu 619 suspensions des allocations. Sur ces 619 allocations suspendues, seulement 142 ont été reversées aux familles dans les mois qui ont suivi parce que l’élève était revenu à l’école. Cela signifie que, dans tous les autres cas, pour 80% des 619 élèves dont vous avez suspendu les allocations, votre dispositif a échoué ». Dans un rapport réalisé par les services du ministère de l’Education nationale mais dont les conclusions sont restées confidentiels, l’efficacité de la mesure était nuancée. « Dans certains cas et sur certaines tranches d’âge, la menace de la suspension des allocations familiales peut s’avérer efficace ». En revanche, les auteurs préconisaient de cibler, non pas les allocations familiales (qui répondent à des besoins qui vont au-delà des seules questions scolaires) mais les bourses d’études qui sont très directement liées au parcours dans les écoles, collèges et lycées.

Source : Prof agressée à Créteil: le débat sur les allocations relancéAlexandre Boudet

 

Analyses

L'opinion dans tous ses états