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Classement sur l’attractivité des capitales régionales : Neuf grandes villes menacées de décrochage

Paru le 5 octobre 2015 | dans Analyses
Rédigé par Franck Gintrand

Pour les villes qui perdent leur statut de capitales régionales, la réforme territoriale sonne comme un ultime avertissement.

« Si rien n’est fait dans les prochaines années, les anciennes capitales régionales décrocheront définitivement avec la disparation des conseils départementaux ». C’est l’analyse que le cabinet Global Conseil retire de son classement sur l’attractivité des capitales régionales. Pour Franck Gintrand, Directeur Général de Global Conseil, « le verdict de notre classement est sans appel : la fracture est profonde entre d’un côté les villes-métropoles, qui ont su prendre le train de la mondialisation, et de l’autre les villes en perte de vitesse, qui ont peu de temps pour inverser la tendance ».

Les recalées : des villes en perte de vitesse

Parmi les grandes villes les moins attractives figurent la quasi totalité des anciennes capitales de région : Limoges, Châlons-en-Champagne, Caen, Besançon, Amiens, Metz, Poitiers et Clermont-Ferrand. « Pour toutes ces villes, la situation est sensiblement similaire : d’années en années, les actifs partent et les emplois baissent. Les cadres et professions intermédiaires sont sous-représentés. Les entreprises ne s’implantent plus. Jusqu’à présent, il leur restait la fonction publique pour faire tourner l’économie locale. Mais avec la perte du statut de capitale, le cercle vicieux risque de se boucler définitivement si rien n’est fait pour attirer rapidement les entreprises », analyse Franck Gintrand. « Montpellier semble être la seule ancienne capitale à s’en sortir bon gré mal gré. Mais c’est une illusion : compte tenu de son poids démographique, la ville devrait être beaucoup plus attractive. A l’heure actuelle, son économie repose sur un secteur tertiaire particulièrement précaire. D’où un fort taux de chômage et une faible proportion de CSP+, très étonnante pour la 8ème ville de France ».

Les futures capitales de région : un bilan contrasté

Les anciennes capitales ne sont pas les seules à être en perte de vitesse. Quelques rescapées de la réforme sont aussi en difficulté : Orléans, Marseille, Strasbourg et Lille. « Si ce résultat était attendu pour Marseille, Lille et Orléans, qui souffrent toutes les trois de problèmes économiques structurels, Strasbourg constitue une vraie surprise. Malgré sa proximité avec l’Allemagne et la présence du Parlement Européen, la ville est confrontée à un phénomène de paupérisation qu’elle n’arrive pas à enrayer », commente Franck Gintrand. Plus haut dans le classement, trois villes occupent une position de challengers : Rennes, Rouen et Dijon. « Des villes dynamiques, avec une forte proportion d’actifs et de CSP+, mais dont la bonne santé économique dépend avant tout de la fonction publique, surreprésentée par rapport aux autres nouvelles capitales régionales ».

Quatre villes leaders : Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux

Enfin, loin devant les autres, quatre villes figurent en tête de peloton : Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux. Pour ces quatre futures capitales de région, tous les indicateurs sont au vert : une population qui ne cesse d’augmenter, une proportion d’actifs et de CSP+ largement supérieure à la moyenne, une économie qui repose davantage sur l’industrie que sur la fonction publique … « la décentralisation leur a permis de s’émanciper et d’affirmer leur place à part entière dans l’économie française », conclut Franck Gintrand.

Pour le Directeur Général de Global Conseil, « un mouvement de fond traverse la France urbaine, séparant villes-métropoles et villes-moyennes, villes mondialisées et villes-paupérisées. Certains élus en ont parfaitement conscience et tentent d’enrayer cette dynamique. La proposition de loi d’Alain Gest (Président d’Amiens Métropole) pour créer des vice-capitales de région va dans sens. Mais au delà de l’aspect symbolique, il serait contreproductif de continuer à se battre pour le maintien d’administrations dont le poids économique est de toute façon condamné à décliner. Mieux vaut d’ores et déjà anticiper la prochaine étape : la disparition programmée des Conseils départementaux. Une réforme qui se fera dans les 15 prochaines années, et qui portera un coup fatal aux villes qui ne s’y seront pas préparées … »

Global Conseil est un cabinet spécialisé dans la communication et la stratégie politique. Fondé en 1999 par Franck Gintrand, ancien Directeur Conseil de Euro-RSCG, le cabinet accompagne les entreprises et les collectivités dans des problématiques d’intérêt général.

Contact presse : 01.53.23.00.35

Annexe 1 : Méthodologie du classement sur l’attractivité des capitales régionales françaises

Le classement sur l’attractivité des capitales régionales françaises a été établi par le cabinet Global Conseil Corporate sur la base de 6 indicateurs socio-économiques :

- le poids démographique en 2012 (INSEE)

- la proportion de CSP+ dans la population en 2012 (cadres et professions intellectuelles supérieures ; professions intermédiaires) (INSEE)

- le taux de chômage en 2012 (INSEE)

- l’évolution du nombre d’actifs résidant et travaillant dans la ville entre 2007 et 2012 (INSEE)

- l’évolution de la part d’emplois dans la fonction publique entre 2007 et 2012 (INSEE)

- l’évolution de l’emploi entre 2007 et 2012 (INSEE)

Pour chaque variable, une pondération a été établie (voir sous chaque tableau la méthodologie de référence).

La somme des pondérations a permis d’établir le classement suivant :

- Les leaders : Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux qui obtiennent 7 points, ex-aequo.

- Les challengers : Rouen, Rennes et Dijon qui obtiennent respectivement 5, 3 et 2 points.

- Les villes sur le fil : Lille et Montpellier qui obtiennent 1 point, Marseille et Strasbourg 0, Orléans -1 point.

- Les villes dans le rouge : Clermont-Ferrand qui obtient -3 points, Poitiers -4 points, Metz -5 points, Besançon, Amiens et Caen -6 points, et Châlons-en-Champagne et Limoges -7 points.

Annexe 2 : Anciennes et nouvelles capitales en 6 tableaux 

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Annexe 3 : Le classement sur l’attractivité des capitales régionales 

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