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Villeneuve-sur-lot : pourquoi des vagues FN aux législatives partielles n’annoncent pas forcément un raz-de-marée aux élections municipales – Agoravox – 24/07/13

Paru le 23 juin 2013 | dans Campagnes électorales
Rédigé par Franck Gintrand

Contrairement à ce qu’annoncent fébrilement observateurs et porte-paroles du FN, les électeurs de Villeneuve-sur-lot  n’annoncent pas de raz-de-marée frontistes pour les élections municipales de 2014 et ce pour au moins six raisons.

1- Les électeurs de Villeneuve-sur-lot  se sont exprimés sur des enjeux nationaux et non pas sur des enjeux locaux. A l’exception du candidat malheureux du PS, tous les autres ont été les premiers à souligner la portée nationale de ce scrutin, soit pour lancer un avertissement au gouvernement, soit pour le sanctionner.

2- Les électeurs FN ont voté pour la marque Marine le Pen bien plus que pour un candidat encore quasi inconnu voici quelques semaines.

3- Les législatives partielles, au même titre que les référendums et les Européennes, jouent depuis longtemps le rôle de défouloir. Il n’est donc pas étonnant que ce type de scrutin soit favorable au principal parti d’opposition mais, aussi, aujourd’hui au FN.

4- Le vote des élections municipales a une fonction bien différente. A cette occasion, on vote d’abord pour des têtes de listes connues localement et qui représentent des partis de gouvernement. Ou alors pour des personnalités sans étiquette, ce qui est le cas dans 70% des communes de moins de 3500 habitants.

5- Les partis contestataires ont toujours fait leurs plus mauvais scores aux municipales. A titre de rappel, le FN n’a aujourd’hui aucun maire et seulement 63 conseillers municipaux dans toute la France.

6- Les communes qui placent l’insécurité et l’immigration devant toutes les autres priorités sont rarissimes. Dans un contexte de crise économique, le débat aura plutôt tendance à se focaliser sur la fiscalité et le développement économique, l’urbanisme et le logement social. Autant de sujets sur lesquels le FN n’a pas de positions foncièrement différentes de celles de la droite.

L’UMP et le PS n’ont donc aucune raison de s’affoler les municipales. En ce qui concerne les Européennes, la claque s’annonce en revanche plus évidente et plus sévère. Il est vrai que ce scrutin – dont le taux d’abstention bat généralement tous les records – ne bénéficie ni de la même importance stratégique pour les grands partis, ni du même intérêt de la part des Français…

Franck Gintrand

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