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Andy Warhol et le triomphe de l’idée sur la réalisation

Paru le 9 février 2013 | dans Communication
Rédigé par Franck Gintrand

C’est parce qu’il porte en lui la conviction que le désir est un facteur de perturbation, la vie un véritable travail et l’homme une marque comme une autre que Warhol a si bien incarné et théorisé la prééminence de l’artiste sur son oeuvre, de l’aura du créateur sur l’originalité de la création. C’est parce qu’il énonce ce que chacun pressent depuis Duchamp qu’il dévoile aussi clairement le fondement de l’art contemporain qui est aussi à la base de l’économie post-industrielle : l’essentiel de la valeur réside dans l’idée. Le caractère unique de l’oeuvre, le choix du procédé, la sûreté de l’exécution et le temps de la réalisation n’ont plus d’importance au regard du « concept ». Si la réalisation conserve une valeur c’est dans sa capacité à être dissociée du facteur humain, jugé trop aléatoire et par conséquent trop risqué. Autant la valeur de l’idée s’attache à la valeur de quelques hommes, autant la réalisation  doit être mécanisée, formalisée, désincarnée. Tant et si bien que la valeur de toute chose réside à la fois dans la force de son concept et le degré de fiabilité de sa duplication.

Franck Gintrand

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