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Temps forts et tournants de la présidentielle 2012

Paru le 25 mai 2012 | dans Présidentielles
Rédigé par Franck Gintrand

16 octobre 2011 : victoire de François Hollande aux primaires

François Hollande est élu candidat du parti socialiste par 56,6% des 2,8 millions de Français contre Martine Aubry au second tour des primaires socialistes.

18 octobre : l’UMP budgète le projet PS

Lors de la première convention de l’UMP organisé après les primaires socialistes, le parti de Jean-François Coppé chiffre 255 milliards d’euros le coût du programme socialiste. Sur la forme, les interventions, très courtes, et un compteur géant additionnant les dépenses du PS s’inspirent d’un show télé. «Ça fait deux mois qu’on est dans la politique spectacle. On peut aussi un peu y céder, reconnaît Eric Woerth, ancien ministre du Budget. La démarche est amusante mais sérieuse puisque notre chiffrage est pertinent.» (1)

15 novembre : accord PS-Verts

Socialistes et écologistes signent un accord a minima où chacun sauve la face. Deux points majeurs de désaccord sont mis de côté : l’EPR de Flamanville et le projet d’aéroport de Notre-dame-des-Landes, près de Nantes. Concernant les légilsatives, 60 circonscriptions sont réservées aux Verts, soit 25 à 30 députés en cas de victoire de François Hollande.

Très attaqué par l’UMP, cet accord n’a pourtant aucune conséquence sur les intentions de vote en faveur de François Hollande. 

13 janvier 2012 : dégradation de la France

L’agence d’évaluation Standard and Poor’s dégrade la France en lui enlevant sa note AAA. Cette note est en revanche maintenue pour l’Allemagne. Dans les jours qui suivent, Nicolas Sarkozy subit le contrecoup de cette annonce. Ipsos donne le chef de l’Etat en baisse de 2,5 points au premier tour. Au second, le fossé avec François Hollande se creuse : 59 contre 41, soit 18 points d’écart. Pour Ifop, François Hollande et stable à 28% mais Nicolas Sarkozy perd 2 points à 24%. BVA accorde 30% au candidat socialiste et 23% à Nicolas Sarkozy. La côte de popularité du chef de l’ETat chute de 6 points en deux mois chez BVA et de deux points en un mois chez Ipsos. Un sondage BVA pour Le Parisien montre que, désormais, les Français accordent plus de crédibilité à François Hollande qu’à Nicolas Sarkozy pour résoudre les problèmes de la crise.

22 janvier : premier meeting du candidat PS

Metting du Bourget. 25 000 militants. François Hollande surprend tout le monde en ne s’attaquant pas frontalement à Nicolas Sarkozy : « Mon adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne sera pas élu, et pourtant il gouverne. C’est le monde de la finance [...] qui s’est affranchi de toutes les règles de toute morale, de tout contrôle ». Les commentaires sont unanimes : Hollande a réussi son coup. Le premier sondage CAS effectué après son discours place le candidat socialiste à 31% (+2) au premier tour contre 25% à son adversaire (61). L »écart se creuse au second tour : 60-40 en faveur de François Hollande.

26 janvier : projet du candidat PS et confrontation avec Alain Juppé

François Hollande présente son programme à la Maison des Métallos : 60 mesures détaillées et chiffrées. Le soir même, dans l’émission  »Des paroles et des actes » sur France2, il affronte le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. Devant plus de 5,4 millions, le candidat socialiste sort vainqueur de la confrontation.

29 janvier : interview du chef de l’Etat

Interrogé par Claire Chazal et Laurent Delahousse ainsi que par deux journalistes économiques, Jean-Marc Sylvestre et François Lenglet, Nicolas Sarkozy intervient sur 9 chaînes en même temps. Après avoir lié son sort à la sauvegarde du triple A, il conditionne son destin à celui d’Angela Merkel et revient sur le projet de TVA sociale. Regardée par 16,5 millions de téespectateurs, l’émission ne provoque aucun électrochoc dans l’opinion. Au contraire, avec 34% des intentions de vote au premier tour François Hollande (+4%) conforte son avance dans un sondage BVA.

Le Journal du Dimanche publie un sondage Ifop excluant Marine Le Pen – qui s’alarme de ses difficultés à rassembler les 500 parrainages nécessaires - et dans lequel Nicolas Sarkozy fait du coup jeu égal avec François Hollande au premier tour (33%). Mais ce que ne dit pa le journal c’est que ce premier tour ne change en rien l’issue de l’élection au second tour.

15 février : déclaration de candidature du candidat UMP

Nicolas Sarkozy déclare sa candidature sur le plateau de Laurence Ferrari. Mais l’interview ne convainc pas. Selon un sondage TNS SOfres, 52% des téléespectateurs l’ont trouvé convaincant mais 71% déclarent que l’intervention télévisée ne les a pas fait changé d’avis sur Nicolas Sarkozy. Selon un sondage LH2 pour Le nouvel Observateur , seuls 37% des Français jugent réussie l’entrée en campagne du président sortant tandis que 64% ne lui font pas confiance pour rendre  »La France plus forte ».

22 février : premier sondage d’image des deux candidats

Pour 81% des personnages interrogées par BVA, Nicolas Sarkozy est « celui qui protège le plus les élites et le système », François Hollande est « le plus proche du peuple » pour 77% d’entre eux mais aussi  »le plus sincère » (62%), le plus rassurant (59%), « le plus rassembleur » (64%) et « le plus convaincant » (53%).

27 février : 75% d’impostion

François Hollande lâche une grenade sur le plateau de « Parole de candidat » : taxer les plus hauts revenus à 75% au-delà d’un million d’euros par an. En ciblant les très hauts revenus, le candidat socialiste entend s’opposer au « candidat du Fouquet’s ».

1er mars : incidents de Bayonne

Déplacement de Nicolas Sarkozy à Bayonne.  Sous le regard des télévisions, le chef de l’Etat se fait huer, chahuter et conspuer. Contraint de se replier dans un café, il déclare : « M. Hollande ayant annoncé l’épuration [dans l'administration], forcément ça échauffe les esprits ». A partir de cet instant, chaque visite en province, chaque déplacement sera confirmé à la presse la veille, parfois une heure avant, pour éviter d’éventuels rassemblements d’opposants ».  

Deux semaines à peine après l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, François Hollande creuse à nouveau l’écart au premier tour : 29% contre 25% au premier tour. L’idée d’imposer les ultrariches occulte toutes les propositions de Nicolas Sarkozy sur la justice, l’éducation, l’immigration.

9 mars : premier meeting du candidat UMP

Meeting de Nicolas sarkozy à Villepinte. Pendant près d’une heure, Nicolas Sarkozy défend son bilan. Il demande un contrôle des flux migratoires et un « buy european act ». « Aidez-moi. Aidez-moi, nous avons deux mois pour bousculer les certitudes, deux mois pour tout renverser, deux mois pour les faire mentir. Aidez-moi ! »

12 mars : Nicolas Sarkozy passe devant François Hollande

28,5% pour le président sortant, 27% pour le candidat socialiste selon un sondage Ifop pour Europe 1, Paris-Match et Public-Sénat. Patrick Buisson, silencieux depuis des mois, commente le croisement des courbes dans Le Monde. Las. Dès le lendemain, un sondage TNS Sofres place François Holande en tête (30% contre 26%) tandis qu’un sondage BVA révèle même que 65% des Français n’ont pas apprécié le discours de Villepinte.

Nicolas Sarkozy annonce sa volonté d’imposer les exilés fiscaux. La mesure, destinée à contrebalancer la proposition de François Hollande à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros, recueille l’assentiment d’une majorité de Français, comme la baisse de l’immigration légale, les sept heures de travail en contrepartie du RSA ou même la réforme des accords de Schengen.

18 mars : montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon

Un nouveau sondage Ifop met Nicolas sarkozy en tête au premier tour avec 27,5%, juste devant François Hollande, 27%. Jean-Luc Mélanchon est désormais à 11%. Le candidat du Front de gauche a réussi son pari. Plus de 80 000 personnes ont répondu présent pour « reprendre la Bastille ». Trois jours plus tard, J.-L. Mélenchon est crédité, dan deux sondages distincts, de 13% et même 14%, devançant pour la première fois Marine Le Pen et François Bayrou.

Fusillade Toulouse

Des enfants sont froidement assassinés.  Mais passée l’émotion collective, les préoccupations majeures des électeurs – chômage et pouvoir d’achat, notamment – reprennnent très vite leurs droits. Les deux favoris ne bougent pas. Marine Le Pen, dont on pouvait penser qu’elle profiterait de l’événement, s’affaisse. Seul Jean-Luc Mélanchon progresse, se hissant même un temps à la troisième place devant François Bayrou et la cnadidate FN.

23 mars : Boorloo se rallie

26 mars : ouverture au centre

Sur le Talk Orange-Le Figaro, Valérie Pécresse déclare « Les thématiques de François Bayrou sont les nôtres ». Le 3 avril, Jean-Pierre Raffarin estime que François Bayrou a « les capacités » pour être Premier ministre. C’est ce qu’il a affirmé mardi soir lors de l’émission Preuves par 3 sur Public Sénat. Mieux, pour l’ancien chef de gouvernement, il se pourrait même que le président sortant propose Matignon au centriste.

4 avril : La Réunion

Alors qu’il se prépare à annoncer des mesures contre la vie chère, les télés ne retiennent que l’image d’un homme qui l’a insulté à son arrivée : « Pauvre con, va ! On va te faire la mort dans les urnes. » Autre mauvaise nouvelle : à Paris, François Hollande a dévoilé le calendrier de sa première année au pouvoir, à la veille de la présentation du projet de Nicolas Sarkozy.

5 avril : le candidat UMP dévoile son programme

Nicolas Sarkozy présente son programme, à seulement dix sept jours du premier tour : une lettre de 36 pages diffusée à 6 millions d’exemplaires. Mais des propositions les médias ne retiennent quasiment rien. La campagne officielle qui s’ouvre oblige les médias (radios et télés) à accorder le même temps de parole à tous les candidats. Selon la presse, certains à droite n’ont pas vu arriver ce virage.

13 avril : des sondages de mauvaise augure pour le candidat UMP

Cinq sondages publiés le même jour donnent le président sortant à la baisse. Sanction de la stratégie Buisson ou, comme le glissent certains, sanction de la tentative de rapprochement avec Bayrou qui aurait finit de désorienter l’électorat populaire au point de décider une partie à se retourner vers l’abstention ou Marine Le Pen ?

15 avril : guerre des meetings

Place de La Concorde, l’UMP annonce 100 000 personnes et de nombreux artistes. Même son de cloche sur l’Esplanade du château de Vincennes

22 avril : premier tour

François Hollande arrive en tête. Jamais un président n’avait été relégué en seconde position. Contrairement aux prévisions des instituts, l’abstention ne dépasse pas 20%.

1er mai : Nicolas Sarkozy lance l’idée du vrai travail

 

2 mai : les candidats débattent

En cours de rédaction(1) http://www.20minutes.fr/presidentielle/808258-ump-taille-detaille-cout-programme-ps

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