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Les petites phrases et autres formules marquantes des débats télévisés d’entre deux tours des présidentielles depuis 1974

Paru le 2 mai 2012 | dans Présidentielles
Rédigé par Franck Gintrand

Plateau du débat N. Sarkozy – F. Hollande en 2012

1974 : le débat fondateur

« Vous n’avez pas le monopole du coeur » est resté dans l’histoire. Au sujet de cette formule, VGE dira : « Je crois que j’ai été élu président de la République grâce à [cette] phrase de dix mots. » Un avis partagé par Jean Lacouture, un des biographes de François Mitterrand : «Les dix mots ont résonné dans le studio et aux oreilles de 20 millions d’auditeurs. Rarement phrase aura joué dans une conjoncture électorale un rôle aussi décisif». Un quart d’heure avant la fin de l’émission, cent cinquante enquêteurs de l’Ifop sondent autant de foyers sur leur ressenti. Très contesté dans ses méthodes, ce sondage, dont les résultats sont immédiatement publiés, donne Giscard vainqueur du débat par 47% contre 38%. Une enquête post-électorale de la Sofres publiée par le Nouvel Observateur assurera par la suite que 4% des électeurs se sont décidés durant ce face-à-face.

1981 : la revanche

Les deux candidats de 1974 se retrouvent pour jouer la belle. VGE est sûr de lui. François Mitterrand a tiré les enseignements de sa première prestation. Quand le président sortant, lance à François Mitterrand qui critique le bilan de son septennat  « vous avez le ministère de la parole », le candidat socialiste ne manque pas de lui répondre du tac au tac : «Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d’il y a sept ans, l’homme du passé… C’est quand même ennuyeux que dans l’intervalle vous soyez devenu, vous, l’homme du passif».  Interrogé à plusieurs reprises par VGE sur sa connaissance des dossiers, le candidat socialiste lui rétorque : « je ne suis pas votre élève et vous n’êtes pas mon professeur ». Vainqueur annoncé et sans doute insuffisamment préparé, VGE découvre trop tard un adversaire qui, lui, s’est parfaitement préparé.

1988 : mortel débat

«  Je continue de vous appeler Monsieur le Premier Ministre puisque c’est comme ça que je vous ai appelé pendant deux ans et que vous l’êtes. J’ai constaté que vous aviez de très réelles qualités, vous n’avez pas celle de l’impartialité, ni du sens de la justice dans la conduite de l’Etat ». Le candidat du RPR aura beau se débattre : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats (…) Vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand», le président sortant aura le dernier mot : «  Mais vous avez tout à fait raison monsieur le Premier ministre », ironise-t-il. Le débat atteint son paroxysme avec l’affaire Wahid Gordji, diplomate iranien impliqué dans les attentats de Paris de 1986. « Mais est ce que vous pouvez dire, M. Mitterrand, en me regardant dans les yeux, que je vous ai dit que nous avions les preuves que Gordji était coupable ? (…) Pouvez-vous vraiment contester ma version des choses en me regardant dans les yeux ? », interroge Jacques Chirac, sûr de son effet. « Dans les yeux, je la conteste! », tranche son adversaire.

1995 : débat courtois

De l’avis général, un débat courtois (trop, regretteront par la suite certains socialistes) entre le candidat RPR, Jacques Chirac, et celui de la gauche, Lionel Jospin. Il n’est émaillé que d’une saillie à propos du quinquennat de ce dernier qui déclare qu’il  »vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Chirac ».

2002 : le débat refusé

2007 : indignation et gants de velours

Le débat, particulièrement vif, est marqué par la « colère saine » de Ségolène Royal, qui dénonce le « summum de l’immoralité politique » du candidat UMP quant à l’accueil des handicapés dans le système éducatif « normal », ainsi que par des échanges comportant des erreurs factuelles sur l’énergie nucléaire de part et d’autre. Nicolas Sarkozy, bien décidé à ne pas paraître condescendant ou agressif vis-à-vis d’une femme, lui retorquant qu’il fallait « être calme pour être président de la République ».

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