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Le concept de synergie est-il opérationnel ?

Paru le 27 avril 2012 | dans Politique extérieure de l'entreprise
Rédigé par Franck Gintrand

Un concept plutôt flou 

« Mobile essentiel et/ou justification avancée par principe de tout mouvement stratégique, la notion de création de valeur est associée à l’idée d’effets de synergie (Seth, 1990). Le concept de synergie est cependant controversé. Le regroupement sous un tel vocable d’effets aussi différents que les économies d’échelle, de champs ou l’obtention d’un pouvoir de marché conduit à vider le terme de sa substance. Définit à l’origine par Ansoff (1965) comme l’effet 2+2=5, par lequel l’entreprise peut obtenir de l’exploitation de ses ressources un rapport combiné supérieur à la somme des éléments, ce concept a fait, depuis, l’objet de précisions.

Les différentes définitions de ce terme font référence explicitement ou implicitement à l’existence de liens entre activités susceptibles de générer des effets économiques. Certains auteurs associent à ce concept des qualificatifs : synergies financières, productives, collusives… (Seth 1986) pour se référer de façon plus explicite aux différents types d’effets envisageables. Rumelt (1974) identifie le concept de synergie entre activités comme la clé de la performance économique. Porter (1982, 1986) conçoit la synergie en termes d’avantage concurrentiel. Cette conceptualisation sera reprise par Chatterjee (1986). D’autres auteurs comme Prahalad et Hamel (1990) évoquerons la notion de synergie managériale en référence aux gains liés au partage d’une même logique de direction basée sur le concept de compétences managériales. Prahalad et Bettis (1986) prolongeront la réflexion en définissant le concept de logique dominante de management.

Pour autant, le concept reste flou et peu opérationnel. Plutôt que de parler de synergie il nous semble plus pertinent d’évoquer l’effet attendu : économies d’échelle, économies de champs, pouvoir de marché, réduction des risques…La création de valeur dérive in fine de la capacité à réduire les coûts de l’entité combinée (économies d’échelle de champs, diminution des risques, meilleure allocation des ressources) ou de la capacité à accroître les revenus (différenciation, pouvoir de marché, couverture plus large du marché). »

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