Analyses

AccueilAnalysesFabrique de l'opinionPolitiqueStratégie et communication politiquesLe bêtisier du marketing politique

Le bêtisier du marketing politique

Paru le 22 décembre 2011 | dans Stratégie et communication politiques
Rédigé par Franck Gintrand

Empruntant des concepts habituellement appliqués aux produits, le marketing politique frise souvent l’absurde quand il ne verse pas purement et simplement dans le ridicule. Preuve par l’exemple, en l’occurence l’ouvrage de Marcel Botton, « Les hommes politiques sont des marques comme les autres ».

Analogie

« Marketing politique et marketing commercial agissent sur le « candidat-produit » de manière à favoriser son adéquation avec « l’électorat-consommateurs », créer la différence avec le  » candidat-produit « , et avec un minimum de moyens optimiser les « suffrages-achats »‘ – Stéphanie Grondin

Marque ombrelle

« Au gouvernement, analyse Jean Watin-Augouard [historien des marques], Nicolas Sarkozy devient une marque ombrelle sous l’égide de laquelle tentent de survivre des marques filles ou soeurs telles les marques Bernard Kouchner (territoire de l’humanitaire) ou Fadela Amara (territoire de la lutte contre le machisme dans les cités). Au Darfour comme en Chine, une marque unique : Sarkozy ! » – Les hommes politiques sont des marques comme les autres de Marcel Botton

Graphique

« Graphiquement, plus la patate [italique de l'auteur] dessine une surface étendue, plus l’homme politique sera à même de porter une vue large. » – Les Hommes politiques sont des marques comme les autres de Marcel Botton

Acte d’achat

« L’acte d’achat d’un produit est d’une certaine manière, service après-vente mis à part, l’aboutissement d’un processus, tandis que l’élection d’un homme politique est davantage comparable à la souscription d’un service s’étalant dans le temps, par exemple l’ouverture d’un compte bancaire ou la souscription d’une police d’assurance ». – Les hommes politiques sont des marques comme les autres

Copyright

« Alors que les membres du personnel politique sont supposés avoir des egos très développés, il peut surprendre que les principaux d’entre-eux n’aient pas déposé leur patronyme à titre de marque ». – Les hommes politiques sont des marques comme les autres

Produit

« Dans Ségolène®, la femme marque, François Belley revient sur la naissance de la « marque » Ségolène, de l’appropriation de son territoire de marque – la proximité, l’écoute, l’affectif – et la construction son identité – la figure maternelle – à son accession au peloton de tête des « marques politiques » préférées des Français. » – Site de l’auteur

Société

Marcel Botton se livre à une comparaison entre les principales personnalités politiques et de grandes sociétés françaises. Le résultat ne manque pas de sel… Nicolas Sarkozy est TF1 en notant que, « tout comme TF1, la marque Sarkozy a adapté sa communication afin d’élargir son audience et de toucher les différentes strates de consommateurs. » Ségolène Royal est L’Oréal tandis que François Bayrou est le Crédit Agricole [c'est moins glamour que L'Oréal et moins télégénique de TF1, mais bon...] Quant à DSK, c’est BNP Paribas, allez savoir pourquoi…

Relooking

Dans son livre sur le marketing politique, Marcel Botton donne ses idées de relooking. Et elles seraient très droles si elles n’étaient pas à prendre au premier degré. Concernant Nicolas Sarkozy, l’auteur préconise l’utilisation de stylos Dupont et le M7 d’Yves Saint-Laurent. Pour François Bayrou, « un style à la Cary Grant dans la Mort aux trousses » est vivement recommandé. Quant à Olivier Besancenot, pourquoi ne pas opter pour un « pantalon treillis kak, style Battle » ou une ‘veste millitaire retravaillée ». En effet, pourquoi pas…

Franck Gintrand

Sur le même sujet

 Aussi bête si-les-candidats-taient-des-logos-des-marques

Revue de presse

Les débats de la semaine