AccueilNon classéPouvoir de séduction des politiques : les dessous d'un sondage Louis Harris Interactive / Influencia.net 22/12/11

Pouvoir de séduction des politiques : les dessous d'un sondage Louis Harris Interactive / Influencia.net 22/12/11

Paru le 2 décembre 2011 | dans Non classé
Rédigé par Franck Gintrand

24e épisode

Article publié par 

Le verbe plus fort que le physique

Jean-Luc Mélanchon et Eva Joly peuvent respirer : même si la séduction est inhérente à la politique, elle ne se réduit pas à l’attirance sexuelle. 

Mais qui sont donc les politiques qui font fantasmer les Français et les Françaises ? A en croire Closer et l’institut Louis Harris, deux noms se détacheraient très largement parmi les candidats à la présidentielle : Ségolène Royal et Arnaud Montebourg. Ségolène Royal, pourquoi pas. Mais Arnaud Montebourg élu sex-symbol de la politique, on peut quand même s’étonner.

Arnaud Montebourg plus bel homme politique ?

En fait ce résultat s’explique. Le sondage ne teste que sept femmes (Ségolène Royal, Marine Le Pen, Corinne Lepage, Nathalie Arthaud, Christine Boutin, Martine Aubry et Eva Joly) et six hommes politiques (Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon). En  se limitant à ces candidats (ou ex-candidats) à la présidentielle et en s’interrogeant sur leur « capacité à faire fantasmer » les Français, Closer avantage évidemment Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Du côté des femmes politiques, on s’étonnera donc moyennement de trouver Marine Le Pen en seconde position, mais très loin derrière Ségolène Royal. Quant au bas du classement, on ne sera pas surpris d’y trouver François Hollande ou Eva Joly.

Un résultat moins suprenant qu’il n’y parait

Les résultats auraient sans doute été différents si l’institut avait élargi cet échantillon en mesurant aussi le capital de séduction de Villepin, Barouin, Hamon, Peillon, Autin, Yade, Pécresse ou Dati. Et ce sondage aurait été honnête jusqu’au bout si, plutôt que de titrer sur « Quelle personnalité politique fait le plus fantasmer ? », l’institut Louis Harris avait annoncé clairement la couleur en posant la question : « Quel candidat à la présidentielle fait le plus fantasmer ? » L’accroche aurait été, il est vrai, beaucoup moins vendeuse… 

La beauté, un critère secondaire

Au-delà de cette (petite) supercherie (dont les instituts font généralement porter la responsabilité aux médias), ce sondage n’est pas dénué d’intérêt. Les résultats, même contestables, montrent à quel point les français ont une bien meilleure estime de leurs dirigeants politiques que ne le laisserait supposer ce type d’étude. Il suffit de le mettre en perspective avec différentes enquêtes d’opinions sur la popularité des politiques pour s’apercevoir que les sondés font très bien la différence entre séduction physique et séduction politique. C’est particulièrement vrai de Ségolène Royal et de François Hollande. Au top de la séduction selon Louis Harris Interractive, l’ex-candidate socialiste ne convainc pourtant plus grand monde. A l’inverse, François Hollande, avec qui les Françaises n’aimeraient pas partager leur vie, et encore moins passer la nuit, semble au moins en mesure de gagner leurs voix. Et si Arnaud Montebourg ou Manuel Valls ont un physique qui plaît et une bonne image, rien ne prouve que les deux choses soient liées.

L’apparence, une contrainte forte

Cela ne veut pas dire pour autant que le physique ne compte pas. Depuis l’élection de 1981, les hommes politiques font attention à leur apparence. François Mitterrand se fait limer les dents avant son élection. Jacques Chirac abandonne les lunettes à la fin des années 80. Le régime de François Hollande comme l’attention que Nicolas Sarkozy prête à sa silhouette montrent, si besoin était, que la pression ne pèse plus seulement sur les femmes politiques (1). S’il est inutile d’être beau pour exercer les plus hautes responsabilités, il est aujourd’hui devenu impensable d’être gros. Même discrète, la dictature du look pèse désormais sur nos dirigeants. Juste retour des choses ?

Franck Gintrand

(1) A lire sur ce sujet notre article sur l’image des hommes politiques de Barre à Obama.