Analyses

AccueilAnalysesFabrique de l'opinionExpertisesCommunicationChristian Blachas et CB News : les campagnes politiques pour les nuls (billet proposé sans suite à CB News fin novembre 2011)

Christian Blachas et CB News : les campagnes politiques pour les nuls (billet proposé sans suite à CB News fin novembre 2011)

Paru le 17 novembre 2011 | dans Communication
Rédigé par Franck Gintrand

Quand le politique est un produit et les élections une campagne de pub

Très Communication, résolument Business et toujours aussi peu Politique et Corporate. Véritable institution de la presse spécialisée en « communication et médias », CB News est dédié depuis sa création au produit et à la publicité. Le contenu a évolué ces dernières années mais ce positionnement d’origine fait partie de l’ADN du journal, au moins dans les mémoires. La nouvelle formule n’échappe pas aux rigidités de la marque. Servi par une très belle maquette, le magazine (désormais mensuel) consacre l’essentiel de ses pages aux marques et aux stratégies, aux campagnes et aux médias qui en parlent. Histoire de se mettre à la page, la publicité partage désormais la vedette avec internet. Mais pour ce qui est de la communication des organisations, circulez il n’y a rien à voir. Ou pas grand chose. 

Quand Christian Blachas se met à jouer l’analyste politique, l’exercice devient particulièrement drôle. Concevant le politique comme un produit, le digne représentant de la « Culture Pub » file la métaphore sachant que le plus dur, une fois commencé, c’est de savoir s’arrêter et, si possible, d’en sortir quelque chose d’intelligent. Se référant aux primaires socialistes, Christian Blachas note ainsi « que la gauche peut se targuer d’avoir réussi une belle opération médiatique lors de cette rentrée ». « Pour autant, se demande notre éditorialiste, peut-on déduire que ces forts taux d’impact se transformeront de façon positive lors des prochaines élections présidentielles ? »  Car pour Christian Blachas pas de doute, « nous sommes dans le cas d’un produit de grande consommation (la marque PS) qui investit des sommes considérables dans une campagne télé ». 

La métaphore est une chose. Encore faut-il qu’elle ne conduise pas à énoncer des contre-vérités. Christian, s’il te plait, arrête de fumer ! Ou, je ne sais pas moi, lis autre chose que la presse spécialisée. Les rubriques politiques du Monde ou du Figaro, par exemple. Le PS n’a pas « investi des sommes considérables » pour passer à la télé. Il n’a même rien payé pour la retransmission des débats organisés dans le cadre des primaires. Aucune importance, me répondras-tu, puisque ton analyse relève de la métaphore. Admettons. Reprenons donc le fil de ta « démonstration métaphorique » : 1) les primaires sont une campagne de communication (pas une campagne politique, ce serait trop simple) ; 2) les critères pour juger de la réussite de cette campagne sont (attendez je regarde l’édito de Christian, parce que moi, le marketing, c’est pas trop mon fort)… l’impact, l’attribution et le taux d’agrément. Comme pour n’importe quelle campagne de pub. Pour l’impact, Christian juge que l’objectif des primaires est atteint (Ouf !). Pour l’attribution, tout le monde a compris que c’était le PS qui débattait (deuxième ouf de soulagement, notamment rue de Solférino !).

Reste le taux d’agrément. Celui-ci, nous précise Christian, doit être positif (sans doute un petit rappel pédagogique en direction du lectorat non averti dont je fais partie) mais, en attendant le résultat des sondages, il avoue ne pas savoir ce qu’il en sera pour les Primaires. Conclusion ?  Pour Christian Blachas, « l’hypermédiatisation [des primaires socialistes] aura le mérite de reposer un problème de fond : la pression « publicitaire » est-elle le seul remède pour bien communiquer, [autrement dit] pour garantir une bonne compréhension, une bonne réception du message, une certaine efficacité ? Pas sûr. » Et donc ? Donc, rien. Point. Le billet de Christian est terminé. Son message ? Il ne suffit pas de parler fort pour intéresser et d’intéresser pour convaincre.  Soit, Christian. Mais cette règle de bon sens ne s’applique-t-elle pas à tout ? Et qu’apporte la métaphore publicitaire à une meilleure compréhension de l’impact électoral des primaires ? Vraiment pas grand chose. Christian, une suggestion : et si tu passais le relais sur les questions corporate et politique à des spécialistes ? Amitiés.

Franck Gintrand – Global conseil

Sur le même sujet du marketing politique

Revue de presse

Les débats du moment