Analyses

AccueilAnalysesOpinion droite-gaucheFocusLa famille vue par la droite et par la gauche – Influencia – 26/ 10/12

La famille vue par la droite et par la gauche – Influencia – 26/ 10/12

Paru le 21 octobre 2011 | dans Focus
Rédigé par Franck Gintrand

Si la valeur « famille » est l’objet d’un consensus comme jamais, les programmes de l’UMP et du PS laissent entrevoir des conceptions très différentes du mariage et de la parentalité. La tendance a beau être à une plus grande permissivité, on retrouve sur ces deux sujets des lignes de clivage très fortes qui opposent sans grande surprise une vision axée sur l’enfant et une vision plus centrée sur  la promotion de la femme.

Consensus sur la famille comme valeur centrale

Pour les Français, le modèle traditionnel de la famille unie et durable reste la clé de voûte d’une vie réussie, aussi bien pour  s’insérer dans la société que pour s’accomplir dans leur vie professionnelle ou être à leur tour de « bons parents ». Il n’est d’ailleurs pas sans intérêt de constater que ce sentiment est encore plus fort et plus répandu chez les jeunes que chez leurs parents. La tendance ne devrait donc que se renforcer dans les prochaines années, a fortiori si le crise se poursuit et même si la famille actuelle a de moins en moins à voir avec le modèle de la famille traditionnelle.

1ère ligne de clivage : le mariage  homosexuel

Faut-il libéraliser l’institution du mariage en l’ouvrant à tous – et donc aux couples de même sexe – ou alors protéger sa vocation traditionnelle en la réduisant à « l’union d’un homme et d’une femme » ? A quelques voix dissonantes près, la réponse ne fait pas de doute à l’UMP. Dans ses propositions, le mouvement de Jean-François Copé réaffirme expressément sa promesse de « maintenir le mariage comme un lien de deux personnes de sexe différent ». Souhaitant expressément oeuvrer en faveur des « unions stables », l’UMP souhaite d’ailleurs donner davantage de solennité à la cérémonie civile et maintenir une une différence, notamment créancière,  entre le mariage, le PACS et le concubinage. Une précision en forme de réponse au parti socialiste qui, de son côté, promet d’accorder les mêmes avantages aux couples pacsés et aux couples mariés tout en ouvrant le droit au mariage aux couples de même sexe.  

2eme ligne de clivage : la procréation médicale assistée

S’il n’est pas question pour les deux partis d’accorder le droit à l’adoption aux homosexuels, PS et UMP ne conçoivent pas pour autant la parentalité de la même façon. Côté socialiste,  le plus important est de faciliter la procréation artificielle. Plusieurs mesures sont ainsi envisagées comme l’accès à l’assistance médicale à la procréation sans condition de situation de couple ou d’infertilité, la simplification des règles applicables aux dons d’embryons. Du côté de la droite, rien de tel. Aucun mot sur les solutions médicales alternatives à l’adoption. L‘UMP préfère évoquer la mise en place d’une préparation à la parentalité, la lutte contre les conséquences professionnelles du congé parentale pour les femmes ou encore la possibilité d’une RTT ou d’un jour de congé pour les futurs pères. Histoire que les choses soient parfaitement claires, l’UMP précise d’ailleurs que si la monoparentalité peut être une « circonstance de la vie , elle ne saurait être en aucun cas un « projet de vie ».

Le retour de la famille sur la scène des valeurs refuges ne change en réalité pas grand chose : que l’on soit de droite ou de gauche, on ne parle pas de la même famille. La famille vue par la droite reste un fait naturel, le fruit d’une union entre un homme et une femme. Vue par la gauche, la famille est au contraire une construction culturelle reposant sur des conceptions diverses et parallèles du couple comme de la parentalité. En somme, même consensuelle, la famille divise plus que jamais.

Franck Gintrand

Dans la même série

> Tous les épisodes Ici

> Panorama évolutif des acteurs Ici

Revue de presse

Les débats du moment