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Edward Bernays : au delà de la légende (en cours de rédaction)

Paru le 9 septembre 2011 | dans Communication
Rédigé par Franck Gintrand

Diable ou messie ?

Expert en communication né à la fin du XIXe siècle et décédé en 1995, l’Américain Edward Bernays est élevé au rang de légende depuis la réédition de son plus célèbre ouvrage Propaganda. Au risque d’exagérer ses succès et de sousestimer l’intérêt de sa réflexion.

Selon l’essayiste Normand Baillargeon, mais aussi pour tous ceux qui, depuis la réédition de Propaganda, ne cessent de répéter ses affirmations en boucle, Edward Bernays serait l’instigateur de quelques-unes des plus grands événements du XXe siècle. On lui devrait l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 de même que celle, plus tardive et quand même plus sympathique, des pianos dans les foyers américains. Sans foi ni loi, il aurait réussi à convaincre les femmes de fumer pour des raisons bassement mercantilles, assuré la victoire de l’industrie automobile sur le fer, facilité le renversement d’un gouvernement sud-américain par la CIA et fabriqué de toutes pièces le mythe du « fluor bienfaisant ». Convaincu de l’irrationnalité de l’opinion, il serait aux antipodes de la « philosohie des Lumières » et (anecdote souvent reprise) aurait même inspiré Goebels.

On en conviendra : c’est beaucoup pour un seul homme ! Sauf à imaginer que Edward Bernays ait eu beaucoup plus de pouvoir qu’un simple communicant, il est difficile d’imaginer qu’il ait réellement été à l’origine d’autant d’événements. Les choses sont en réalité – et comme bien souvent – plus complexes. Bien sûr, Edward Bernays s’est préoccupé de forger sa réputation en rédigeant plusieurs livres (dont Propaganda est, malheureusement, à ce jour le seul publié en France). Mais la légende de Bernays doit surtout beaucoup à Normand Baillargeon. Cet essayiste – qui se veut pourtout un adepte de la « pensée critique » – prête beaucoup plus de succès et d’influence à Edward Bernays que celui-ci n’en a jamais revendiqué. Quand on y pense, certaines assertions de Baillargeon frisent pourtant le ridicule tandis que des idées avancées par Bernays méritent en revanche d’être prises au sérieux. Petit passage en revue des unes et des autres.

10 idées reçues passées au crible des faits

Edward Bernays est-il le père des relations publiques ? Incontestablement oui.

Edward Bernays est-il le père de la « propagande politique institutionnelle » ? Si on entend par ce terme, la communication publique et politique, non.

Edward Bernays a-t-il contribué à l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 ? Non, ou alors à une très modeste échelle.

Quelles sont les « méthodes » de Bernays s’inspirant de la psychanalyse ? Difficile à dire. Bernays n’a jamais formalisé de « méthodes » au sens de procédures destinées à produire un résultat donné. Et encore moins de méthodes issues des théories pyschanalytiques. Bien sûr, la filiation de Bernays avec Freud est systématiquement soulignée et rappelée. Mais, à l’exception de l’épisode bien connu de la cigarette assimilée au phallus, on ne trouve aucune utilisation directe aux travaux freudiens.

Edward Bernays considérait-il la foule comme un être irrationnel ? Beaucoup moins qu’il ne le pensait lui-même.

Les relations publiques partagent-elles la même philospohie que le totalitarisme ?

Edward Bernays a-t-il inspiré Goebels ?

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