Analyses

AccueilAnalysesCampagnes électoralesElectionsPrésidentiellesPrésidentielle 2012 : carnet de bord du 8 septembre au 16 septembre 2011 – Les grands prétendants

Présidentielle 2012 : carnet de bord du 8 septembre au 16 septembre 2011 – Les grands prétendants

Paru le 7 septembre 2011 | dans Présidentielles
Rédigé par Franck Gintrand

Aujourd’hui, ils sont cinq à rêver d’entrer (ou de rester) à l’Elysée et à pouvoir le faire. Où en sont-ils en termes d’image, de style, de positionnement, de sondage ? Leur campagne est-elle convaincante ? Et leur stratégie peut-elle être gagnante ? Petit tour d’horizon des forces et faiblesses des grands prétendants, déclarés ou non.

Côté PS

François Hollande

  • Temps forts de la campagne depuis le début de l’année : Un premier sondage le plaçant devant Martine Aubry, l’expression de « président normal » et celle de « madame Dugenou« 
  • Image symbolique : une transformation physique spectaculaire symbolisant une volonté de fer. A lire sur le sujet : « François Hollande parle de son régime » – Voici
  • Style : force tranquille
  • Personnalité, le regard de la presse : brillant pour les uns, sous-dimensionné pour les autres 
  • Positionnement politique :  »modéré » à moins qu’il ne soit encore « en voie de définition »
  • Côte des sondages : très favorable
  • Blog : François Hollande, parlons de la France

Notre avis : En partant très tôt, François Hollande a mis à profit l’éloignement de DSK pour s’imposer comme le candidat le plus crédible du PS. Il a définitivement creusé l’écart dans la foulée de l’inculpation du responsable du FMI et donc de son élimination politique. Sa campagne est sans grand relief ? Peu importe, c’est un sans faute. Il semble parfois manquer de naturel ? Faire de l’humour c’était avant. Maintenant, François Hollande veut être perçu comme un candidat sérieux. Sa personnalité manque singulièrement de charisme ? Il le revendique en évoquant la volonté d’être un « président normal » au service de « Madame Dugenou ». Son pari le jour des primaires : apparaître comme le candidat du consensus, une position qu’il a longtemps tenu au PS et qui lui a plutôt réussi.

Martine Aubry

Notre avis : Sa stratégie reposant sur le parti a le mérite de la cohérence. En prenant la rue de Solférino contre Ségolène Royal, Martine Aubry a gagné une bataille décisive. Le lancement du projet socialiste a montré sa capacité à unir le PS. Reste que l’annonce de sa candidature n’a pas créé l’électrochoc escompté. Si elle semble, elle aussi, en mesure de battre Nicolas Sarkozy, son image personnelle pose toujours problème. Alors qu’elle pourrait être à la fois forte et rassurante, elle semble encore trop partisane pour emporter définitivement l’adhésion. Mais cette faiblesse vis-à-vis des Français pourrait être une force auprès des sympathisants socialistes. Le pari de Martine Aubry le jour des primaires ne consiste-t-il pas, justement, à incarner la gauche, la vraie ?

Ségolène Royal

  • Temps forts de la campagne depuis le début de l’année : pour l’instant rien (sinon l’occasion manquée de Montpelier)
  • Image symbolique : pour l’instant rien
  • Style : tenace
  • Personnalité, le regard de la presse : fascinante pour les uns, proche d’une certaine folie pour les autres
  • Positionnement : gauche populaire
  • Côte des sondages : à la traîne
  • Blog : Ségolène Royal 2012. Date d’ouverture : 14 avril 2011

Notre avis : Toujours là. Si Ségolène Royal est à la traine dans les sondages, elle n’en a pas moins réussi à rester dans le coup. Ce premier succès, certes relatif, doit beaucoup à la ténacité même si, à l’évidence, celle-ci ne suffit pas. Son pari le jour des primaires : être la candidate populaire, celle qui séduit les Français les plus modestes, les déçus du sarkozysme qui se refusent à passer chez Marine Le Pen. Objectif : peser suffisamment pour influer sur le choix du PS et… continuer d’exister après.

Du côté de l’UMP

François Fillon

Notre avis : Bien sûr, le premier ministre soutient le président sortant – et comment pourrait-il en être autrement ? Mais François Fillon représente aujourd’hui l’alternative la plus crédible à droite « au cas où ». Cultivant à la fois une différence de style et de fond avec celui-ci, François Fillon a su aussi rester fidèle au président et à l’UMP. Son pari le jour de l’élection si jamais il pouvait y aller : incarner une droite rassurante en mesure de fédérer l’UMP et les centristes pour passer à coup sûr le premier tour.

Nicolas Sarkozy

  • Temps forts de la campagne depuis le début de l’année : le thème récurrent des promesses non tenues
  • Image symbolique : aucune (sinon en politique internationale)
  • Style : énergique, très énergique
  • Personnalité, le regard de la presse : combatif pour les uns, inconstant pour les autres
  • Positionnement : droite populaire
  • Côte des sondages : plus ou moins mauvaise selon les mois et les semaines
  • Blog : aucun actuellement

Notre avis : il est trop tôt pour en avoir un. En tout cas, un qui ne limite pas à refléter l’air du temps. Cet air du temps, on le sait, n’est pas favorable au président sortant. J’ai consacré à ce sujet deux articles « pile ou face » sur la façon d’envisager l’avenir de N. Sarkozy : « Petit argumentaire sarko-optimiste » et « Après le sarko-optimisme, place au sarko-pessimisme« , histoire de dire qu’aujourd’hui rien n’est sûr, a fortiori lorsqu’il s’agit de la capacité de rebondir du président actuel. C’est à partir de la désignation du candidat PS que le paysage va vraiment s’éclaircir. A ce moment-là, et seulement à ce moment-là, il sera vraiment possible d’avoir un avis. Patience, donc.

Franck Gintrand

> Intégralité du panorama des acteurs Ici

> Tous les épisodes Ici

Revue de presse

Les débats du moment