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Chiffrage des programmes électoraux : de l'argument marginal à l'exercice obligé

Paru le 2 septembre 2011 | dans Municipales
Rédigé par Franck Gintrand

Face à la crise, ça ne plaisante plus

Si la bataille des chiffres se solde en règle générale par un match nul, le chiffrage des propositions électorales est en passe de devenir un exercice politique incontournable.  Ampleur de la crise et gravité de la crise obligent…

Premiers débats en 1988 et 1995

Le premier à se lancer dans le périlleux exercice de chiffrage demeure Raymond Barre qui en 1988 présente une estimation du coût de ses mesures pour les finances publiques. Cette nouveauté permet au Monde de qualifier cette démarche « d’originale » (Le Monde 31 mars 1988). En 1995, la question du chiffrage est utilisée par Edouard Balladur pour discréditer les propositions de Jacques Chirac. Le premier ministre sortant estime ainsi le sérieux financier de son programme « six fois supérieur » aux propositions de son concurrent.

Plus qu’un gage de sérieux : une obligation

Le débat rebondit aux élections présidentielles de 2007. Dès 2006, le PS subit les attaques de l’UMP lors de la publication de sur son programme. Le soir même, le ministre de l’Economie et des Finances (Thierry Breton) estime à 100 milliards d’euros le coût du programme quand François Hollande parle, lui, de 50 milliards d’euros.  

Mis en demeure de donner plus de gages en matière de gestion, le PS a mandaté Michel Sapin, ancien Ministre socialiste de l’Economie et des Finances et qui avait déjà évalué le programme de Ségolène Roayal en 2007, pour chiffrer celui du PS en 2012. Sur la méthode, Michel Sapin a notamment tenu à préciser qu’il avait « travaillé comme si [il] écrivai[t] une loi de programmation des finances publiques quinquennale, en partenariat avec les meilleurs macro-économistes, dont certains travaillent à Bercy».  

Quand les think tank veulent jouer les arbitres

En 2007, l’Institut de l’entreprise lance un site intitulé Débat 2007 qui souhaite proposer un chiffrage indépendant des partis politiques et des équipes présidentielles. Par l’étude détaillée de chaque proposition des candidats principaux  en 2007 (Sarkozy, Royal et Bayrou), Ide avait ainsi réévalué plusieurs des mesures phares de chacun des principaux candidats. Il n’est du reste pas le seul à l’avoir fait : un autre think tank Rexecode (aujourdhui Coe-Rexecode) a également proposé sa propre évaluation.

Pour la présidentielle à venir, une chose semble d’ores et déjà certaine : le chiffrage sera serré, les échanges particulièrement vifs et la question de la dette au centre de toutes les discussions. Les deux principaux candidats à la primaire l’ont d’ores et déjà anticipé en se dotant de « leur » économiste attitré : Daniel Cohen pour Martine Aubry et Jean-Paul Fitoussi pour François Hollande. Une tendance – ou une mode – à laquelle Ségolène Royal  refuse de céder. Mettant en cause le sérieux des « experts », elle s’est notamment demandé «à quel moment ils ont-ils interpellé le pouvoir en place [sur l'imminence de la crise] ?» et a mis en garde les socialistes : «Attention aux mises en scène et à la politique spectacle!» «S’il y a des économistes de haut niveau, comme un ancien président de la Commission [Jacques Delors], qui ont des choses à dire, qu’ils viennent le dire devant tous les socialistes»…

Franck Gintrand

 

Suivi de l’actualité présidentielle 2012

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