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Textes des annonces de candidature de Jacques Chirac en 2001, Lionel Jospin en 2002, Nicolas Sarkozy en 2006, Ségolène Royal et François Hollande en 2011

Paru le 26 août 2011 | dans Présidentielles
Rédigé par Franck Gintrand

HOLLANDE

Déclaration de candidature de François Hollande – Jeudi 31 mars à Tulle.

« Fiers à la fois des valeurs qu’il porte, des atouts qu’il recèle et des capacités humaines qu’il contient ; fiers de la diversité des hommes et des femmes sur l’ensemble du territoire ; diversité qui a toujours fait notre richesse ; fiers du lien social qui a donné à notre pays dans son histoire la cohésion qui lui a permis d’avancer.

Constat

C’est pourquoi je n’accepte pas l’état aujourd’hui dans lequel la France se trouve et je n’accepte pas davantage la situation qui est faite aux Français.

Je ne me résous pas à ce pessimisme, à cette difficulté de voir individuellement, collectivement notre avenir.

Je refuse la division sciemment entretenue par un pouvoir qui joue avec le feu en attisant les antagonismes et les peurs.

Je refuse l’injustice, les inégalités de revenus, de patrimoines aggravées encore par des faveurs fiscales au profit aux plus privilégiés.

Je ne supporte pas la souffrance dans laquelle vivent trop de nos concitoyens, harassés par tant de difficultés et tant d’amputation de leur pouvoir d’achat.

Je n’admets pas la violence qui s’intensifie signant l’échec des discours répétés sur l’insécurité.

L’Etat et je ne m’en réjouis pas, aujourd’hui, apparaît sans direction, sans cap et pire encore sans morale avec les risques d’une fuite en avant périlleuse dans une forme de sauve-qui-peut de la part d’un président en fin de course.

Voilà pourquoi j’estime que le moment est venu de mettre la France en avant.

Mettre la France en avant, c’est lui donner un projet productif, qui mobilise les forces du travail mais aussi de l’épargne, les acteurs publics : Etat, collectivités locales pour créer les emplois de demain et préparer notre avenir.

Mettre la France en avant, c’est faire le pari de la jeunesse, de son éducation, de sa qualification, de son orientation, de son insertion, de son entrée dans la vie, de son accès au logement. De la réussite de la jeunesse, dépend aussi la nôtre. C’est pourquoi, il faut qu’il y ait ce pacte entre les générations qui permettent à la France d’avancer.

Mettre la France en avant, c’est faire le choix de la justice fiscale, sociale, territoriale ; c’est n’abandonner personne, aucun quartier, aucun espace, en métropole comme en Outre Mer et faire en sorte que chacun puisse se sentir ici en France à l’égal de l’autre.

Mettre la France en avant, c’est réconcilier, rassembler, unir autour des principes républicains : la dignité humaine, la liberté mais aussi la laïcité qui ne doit pas être un sujet de débat, encore moins un pugilat  mais un ensemble de règles qui s’imposent à tous.

Mettre la France en avant, c’est porter un message fort en Europe, celui de la suprématie de la démocratie sur les marchés ; c’est porter un message clair dans le monde, celui des Droits de l’Homme, celui de l’émancipation des peuples et de le faire avec constance, cohérence et respect.

Voilà ce qui attend la Gauche et les socialistes. Ils ont la responsabilité de montrer la direction.

C’est un moment exceptionnellement difficile pour notre pays. La Gauche doit se situer à la hauteur des enjeux, sinon le pire est à craindre : l’extrémisme, la défiance, la résignation.

La Gauche doit être à la hauteur de la tâche qui lui est confiée. Elle doit dire la vérité et en même temps, elle doit lever une espérance, écrire une nouvelle page de notre histoire, ouvrir une période de changement et de progrès et montrer qu’un chemin est possible, que la France peut avancer et surtout offrir à la génération qui vient après nous un avenir meilleur que le nôtre, une vie meilleure.

J’estime qu’il n’y a plus de temps à perdre ; il y a urgence ; il faut qu’il y ait des idées et une incarnation du changement.

C’est la raison pour laquelle, ici à Tulle, j’ai décidé de présenter ma candidature à l’élection présidentielle à travers la primaire du Parti socialiste.

L’issue de cette primaire qui prépare l’élection présidentielle doit être la meilleure non pas simplement pour le Parti socialiste et pour la Gauche mais pour la France. Ce qui nous attend, ce n’est pas simplement une compétition entre nous, de savoir qui et pourquoi mais c’est d’être capable de donner à la France et la fierté qu’elle mérite et aux Français la confiance qu’ils attendent

SARKOZY

C’est à travers la presse quotidienne régionale et départementale que Nicolas Sarkozy a choisi d’annoncer jeudi matin sa candidature à l’élection présidentielle. Ses propos ont été recueillis par six représentants de ces journaux. Libération s’en est procuré une copie et l’a publié le 29/11/2006 à 07h00.

Etes-vous candidat à l’élection présidentielle ?

Ma réponse est oui.

Une décision grave et murement réfléchie

C’est une décision mûrement réfléchie. A titre personnel, elle n’était pas évidente. Cette décision m’engage ; c’est le choix d’une vie. C’est une lourde responsabilité vis-à-vis des Français auxquels je demande de me faire confiance.

L’envie et la capacité « d’y aller »

Je me sens la force, l’énergie et l’envie de proposer une autre vision de la France.

Par amour de la France ou des Français

J’aime mon pays

Par attachement à des valeurs

Je crois aux vertus du travail, du mérite, de la récompense et de l’effort. Mais je ne suis pas un conservateur car je crois au mouvement. L’ordre n’est acceptable que s’il est en mouvement. L’ordre juste, c’est juste de l’ordre.

Un projet pour la France et les Français

J’ai l’ambition de créer une nouvelle relation avec les Français qui repose sur deux mots : confiance et respect, confiance en la parole donnée et respect de chaque Français pris individuellement.
Faire de la France le pays où «tout peut devenir possible». Et cela pour tout le monde, mais d’abord pour ceux qui ont connu des épreuves, se sentent fragiles ou qui pensent que «rien n’est jamais pour eux». Quand tout sera redevenu possible, quand la promotion sociale, le droit à la propriété, une meilleure école pour ses enfants, un meilleur salaire pour soi, une réelle égalité entre hommes et femmes, seront des objectifs réalisables pour chacun, alors les Français retrouveront le goût de vivre ensemble. Et la nation française sera à nouveau un exemple pour le monde (…), je veux rompre avec l’idée que l’on peut travailler moins et gagner plus, qu’en accueillant tout le monde, on peut intégrer convenablement, qu’on démocratise l’enseignement en abaissant le niveau des diplômes.

Une certaine conception de la démocratie

Je souhaite un président responsable et des contre-pouvoirs plus forts.

Le choix du moment

Je m’étais engagé auprès du président de la République à ce que 2006 soit consacré au travail gouvernemental et que la campagne ne démarre qu’en fin d’année. J’ai respecté mon engagement.

« Aller à la rencontre des Français »

Depuis des années, j’ai la même volonté de renouveler le débat public. Je vais maintenant m’adresser à tous les Français, sans exception. Je pense entre autres aux catégories de la population auxquelles nous n’avons pas assez parlé : aux fonctionnaires, aux Français les plus récents, aux femmes, aux jeunes, à ceux qui n’ont plus d’espoir. Je vais leur parler de la France et de leur avenir. J’appelle la droite républicaine et le centre à s’ouvrir aux idées nouvelles afin que tous les Français puissent se reconnaître en nous.

L’adversaire et les menaces

Le PS a choisi l’immobilisme. Je veux incarner le mouvement. Dans un monde qui bouge si vite qui peut penser que l’on peut demeurer immobile.

JOSPIN 2002

Capacité et envie

j’ai été, pendant près de cinq ans, votre Premier ministre. A travers le travail accompli et les progrès réalisés, mais aussi à travers les épreuves et les crises, j’ai appris à mieux connaître, à mieux aimer, à mieux servir notre pays (…)De cette expérience, je retire beaucoup d’énergie, d’idées et de volonté pour aborder le nouveau temps qui s’annonce.

Par amour de la France ou des Français

On dit parfois que le pouvoir éloigne; j’ai, pour ma part, le sentiment qu’il m’a rapproché de vous.

Par attachement  à des valeurs

Je souhaite restaurer l’esprit de responsabilité, fondement de l’autorité. J’entends placer la responsabilité au coeur de l’action publique, la promouvoir dans notre société à tous les niveaux.

Un projet pour la France et les Français

Pour faire avancer notre pays, je prends devant vous cinq engagements:

- Je veux une France active, qui tourne définitivement le dos au chômage. Avec 900.000 chômeurs de moins, nous avons ouvert la voie. Mais, pour aller vers le plein emploi, d’autres réformes s’imposeront. Ainsi, afin de pourvoir aux emplois de demain et de donner à chacun sa chance, nous développerons massivement la formation sur toute la vie.

- Je veux une France sûre et je suis fermement résolu à donner à la justice et aux forces de police et de gendarmerie les moyens d’instaurer la sécurité. Je refuse l’impunité: tout délit doit trouver sa sanction.

J’entends aussi traiter toutes les causes de la violence. Aux côtés de l’Etat, dont c’est la responsabilité première, je souhaite que chacun prenne sa part de l’effort pour vaincre l’insécurité: élus, agents publics, parents, citoyens. Je propose qu’une action d’envergure prévienne toutes les dérives, aux âges les plus précoces.

Je veux une France juste. Notre pays doit réduire encore les inégalités de revenus, de savoir, celles qui existent entre les hommes et les femmes ou celles qui affectent nos territoires. Pour renouer le lien entre les générations, la réforme des retraites sera menée. Des formules nouvelles seront proposées à la négociation collective pour garantir nos régimes de répartition. Je veillerai aussi à rendre notre démocratie plus vivante et l’Etat plus simple et plus proche, notamment par un nouvel acte de décentralisation.

- Je veux une France moderne et je proposerai à la jeunesse un pacte de confiance. L’éducation, la recherche, l’environnement, les nouvelles technologies, l’effort productif: tels seront nos outils pour réussir notre entrée dans le XXIe siècle. La fiscalité et les dépenses publiques devront être adaptées à ces grands objectifs.

- Je veux une France forte, qui soit un acteur clairvoyant du pluralisme mondial et un promoteur de la régulation internationale. La France travaillera, après le succès de l’euro, à ce que l’Europe élargie soit une puissance économique, sociale et culturelle, tournée vers le développement et la paix, agissant pour le respect des équilibres écologiques de la planète.

Une certaine conception de la démocratie

Il faudra présider autrement. Le président de la République doit présenter un projet au pays, prendre des engagements et les respecter. Il faut un président actif, qui donne les grandes orientations et travaille à leur mise en oeuvre avec le gouvernement.

L’adversaire et les menaces

Au moment où une élection majeure se prépare, je sais l’éloignement de beaucoup à l’égard de la politique. Mais il faut prendre la mesure de l’enjeu, compte tenu des menaces que certains font peser sur la Sécurité sociale, les retraites, les services publics et le droit du travail.

CHIRAC AVIGNON 2001

Oui, je suis candidat », a-t-il lancé en réponse à une question de la maire RPR d’Avignon, Marie-José Roig.

J’ai fait le choix de lancer le grand débat démocratique, compte tenu de la situation de la France, leur a-t-il expliqué. J’ai des choix clairs à proposer aux Français. C’est un choix en conscience et éminemment personnel. C’est également le choix de la vérité vis-à-vis des Français.

« Ce qui m’anime, c’est la passion. ça ne s’émousse pas. C’est l’exigence démocratique qui a conduit ma décision »….

Constat

« Si on la compare à ses voisins, la France manque de sérénité de dynamisme. Il n’est pas normal que la pauvreté ne soit pas réglée après quatre ans de croissance. Il faut réhabiliter le respect que chaque français doit avoir pour l’ensemble de ses concitoyens. La France est prise dans un carcan d’excès de réglementations, de charges, un carcan d’idéologies dépassées qui ne tient pas compte des réalités de ce monde. Toutes les décisions sont prises dans les bureaux parisiens au nom d’une idéologie. C’est le dialogue social dans l’entreprise dans les régions qui doit se substituer à ce système parisien. Nous avons mangé notre blé en herbe, nous n’avons pas profité des chances que nous a données la croissance pour résoudre les problèmes d’insécurité, pour garantir les retraites »

ROYAL

Êtes-vous, Mme Royal, candidate ?

L’ex-candidate à l’Elysée, Ségolène Royal, a annoncé, lundi 29 novembre dans un entretien à La Nouvelle République et Centre Presse, qu’elle était candidate aux primaires du PS.

A la question « Etes-vous candidate aux primaires du Parti socialiste ? », la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes répond : « J’ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d’avancer dans la clarté et la simplicité : ma réponse est oui. »

 « J’ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d’avancer dans la clarté et la simplicité : ma réponse est oui. Je sais d’expérience qu’il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire économique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à la rencontre des Français, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent. Écouter les Français – ils l’ont si peu été ces derniers temps alors qu’ils ont tant à dire ! – Pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensembles prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrès pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France. »

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