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10 grands discours à l’ère de la politique sans la guerre (en cours de rédaction)

Paru le 20 mai 2011 | dans Notes critiques
Rédigé par Franck Gintrand

Dur d’être un héros (en temps de paix)

Pendant longtemps, la politique s’est confondue avec la guerre et la paix, la construction et l’adversité. Puisant dans ces cironstances exceptionnelles grandeur et lyrisme, cette période de l’histoire a donné naissance aux plus beaux discours et aux plus belles déclarations. Mais qu’advient-il dès lors que la guerre semble inenvisageable et que l’ennemi n’est plus aussi clairement identifiable ? La politique se choisit d’autres enjeux, moins dramatiques car moins mortels, mais qui lui évitent de sombrer dans la simple gestion des affaires courantes : crises économiques, pauvreté, catastrophes naturelles, progrès et affirmations identitaires… Voici 10 exemples de ce que nous avons choisi d’appeler « la politique après la guerre ».

La sélection

ETATS-UNIS

Face à la crise économique

« Le New Deal » de Franklin Delano Roosevelt – Texte intégral Ici 

Considéré comme un progressiste et un réformiste, Roosevelt est élu président trois ans après le krach de Wall Street. Son discours d’investiture – qui est restransmis à la radio – ne brille ni par l’originalité, ni par le style, mais dessine les grandes lignes d’une politique volontariste :  lutte contre les dérapages et l’amoralité de la finance, lutte contre le chômage, régulation de l’économie mondiale.

Le message politique : les difficultés sont réelles mais nous pouvons y arriver, car  »la seule chose que nous ayons à craindre, c’est la crainte elle-même ».

Extrait : « Les marchands du Temple se sont enfuis de leurs postes élevés. A nous maintenant de rétablir le temple de notre civilisation dans sa vérité ancienne. L’étendue de cette remise en état dépend de l’intensité avec laquelle nous ferons valoir des valeurs sociales plus précieuses que le seul profit matériel. Le bonheur ne réside pas dans la possession de biens, il est dans la joie de l’exploit, dans la sensation de l’effort créateur. »

A lire également : Le discours prononcé en 1932 devant la convention démocrate Ici

Face à une nouvelle décennie

« La nouvelle donne » de John Fitzgerald Kennedy (1960) – La restransmission télévisée du discours Ici

Contexte : Ce n’est ni la paix, ni un conflit ouvert mais une guerre froide qui oppose les Etats-Unis et l’URSS par l’intermédiaires de leurs alliés et par le biais de conflits locaux. Période de prospérité aussi : dans les années 50 le PNB des États-Unis représente 40% du PNB mondial. Elu président, John Kennedy prévoit une détente des relations avec l’URSS, l’envoi d’un homme sur la lune, l’égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l’économie, la lutte contre la pègre et l’arrêt de l’expansion communiste dans le monde. 

Le message politique : après l’ère des pionniers, les Etats-Unis se trouve devant une « nouvelle frontière », une frontière au-delà de laquelle s’étendent des « domaines inexplorés », des « problèmes non résolus », des « poches d’ignorance et de préjugés non encore réduites », et [d]es « questions laissées sans réponse »

Extrait : « Aux jeunes Etats que nous accueillons parmi les Etats libres, nous promettons que l’ordre colonial ne sera pas remplacé par une tyrannie plus forte (…) Aux hommes qui habitent les cabanes et les villages de la moitié du globe, qui luttent pour briser les liens de la misère, nous promettons que nous ferons tous nos efforts pour les aider à s’aider eux-mêmes (…) Aux républiques soeurs au sud de nos frontières, nous faisons une promesse spéciale, celle de transformer nos bonnes paroles en bonnes actions, dans une nouvelle alliance pour le prgrès (…) En fin de compte, aux nations qui voudraient se muer en adversaires, nous ne faisons pas de promesses (…) »

Face aux émeutes urbaines

« Nous formons un seul et même pays » de John Fitzgerald Kennedy

Face aux lobbies

« Discours de fin de mandat : le complexe militaro-industriel » (1961) – Dwight D. Eisenhower – Extrait Ici

Face au déclin

Discours inuagural présientiel (1981) – Ronald Reagan – Texte intégral Ici

FRANCE

Contre la professionnalisation du sport

« Testament sportif » de Pierre de Coubertin (1925)

Contexte :

Le message politique :

Face aux revendications indépendantistes

« Vive le Québec libre ! » de Charles de Gaulle – Texte intégral Ici

Contexte : Lancée par Charles de Gaulle à la fin d’un discours à Montréal le 24 juillet 1967, la phrase « Vive le Québec libre » déclencha une grave crise diplomatique entre le Canada et la France. Les Canadiens anglophones et notamment le gouvernement fédéral d’Ottawa l’interprétèrent comme un acte d’ingérence, une marque de soutien aux indépendantistes québécois. Au point que le général de Gaulle préféra repartir pour la France sans passer par Ottawa qui devait clore cette visite officielle. Quelques mois plus tard, René René Lévesque fonde le  Mouvement Souveraineté-Association (MSA) unissant les divers partisans de la souveraineté de la province.

Le message politique : le moins que l’on puisse dire, dans le cas présent, c’est que le message du général n’était pas clair (on ne peut du reste que rapprocher cette ambiguité du « Je vous ai compris » aux Algérois). De Gaulle expliquera, après coup, avoir voulu saluer et faire connaître l’intense effort de modernisation économique et sociale entrepris par le gouvernement provincial dans le cadre de la Révolution tranquille. Mais n’était-ce pas une façon de justifier une maladresse diplomatique ?

Extrait : « Et d’ailleurs le concours que la France va, tous les jours un peu plus, prêter ici, elle sait bien que vous lui rendrez, parce que vous êtes en train de de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l’étonnement de tous et qui, un our, j’en suissûr, vous permettront d’aider la France (…) La France entière sait, voit, entend ce qui se passe ici, et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux ! Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive, vive… Vive le Canada français ! Et vive la France ! »

Face à la misère

« Appel de l’hiver 1954» de l’Abbé Pierre – Texte intégral Ici

Contexte : En 1954 la France connait un des hivers les plus rigoureux de son histoire. En février les températures chutent à -21° à Mulhouse,-13 à Paris. Ancien résistant et député MRP, fondateur du mouvement Emmaüs en 1949, l’abbé Pierre lance un appel à la solidarité avec les sans-abris, sur les ondes de Radio Luxembourg, deux ans après avoir participé au jeu « Quitte ou double » sur Radio MonteCarlo pour financer la création de ses communautés. L’appel rapporte la somme incroyable de 500 millions de francs et de nombreux dons en nature. Le gouvernement promet la création de « cités d’urgences » et l’Assemblée vote un budget de 10 milliards de francs.

Le message politique : chacun de nous peut (et doit) venir en aide aux sans-abris (aucune allusion à l’Etat, aucune interpellation des pouvoirs publics)

Extrait : « Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée (…) Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourrants de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie aimons nous assez tout de suite pour faire cela.»

Face à la technostructure

« Appel de Cochin » – Jacques Chirac - Texte intégral Ici

Face à l’enjeu européen

Présentation devant le parlement européen du programme de la présidence française européenne - François Mitterrand 

Lire aussi : le discours de Jacques Chirac sur le même thème Ici

Face à un grand problème de société

« L’insécurité est la première des inégalités » (2009) de Nicolas Sarkozy – Texte intégral ici

 

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