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L’Arc et le Téléthon mis en cause (en 1991 et 2009) : l’extrême vulnérabilité des associations caritatives face à la critique

Paru le 2 août 2010 | dans Crises politiques
Rédigé par Franck Gintrand

Durant le mois d’août, le Fil rouge revient sur des événements qui ont marqué l’histoire de la communication de crise, en comparant à chaque fois deux exemples présentant une problématique similaire.

Quand la confiance fait soudainement défaut

Donnant plus de 3 milliards d’euros par an aux associations diverses, les Français sont généreux. Mais la révélation d’une mauvaise gestion des fonds peut s’avérer désastreuse sur le montant des dons. Le scandale de l’ARC (Association pour la Recherche sur le Cancer), fondée en 1962 par Jacques Crozemarie, comme la mise en cause du Téléthon par Pierre Bergé montrent à quel point les associations caritatives sont vulnérables face aux polémiques.

Soudain la question surgit : où va l’argent ?

Dans le cas de l’ARC, tout commence par 2 rapports d’audit de l’Inspection générale des affaires sociales et de la Cour des comptes qui dénoncent dès 1991 l’affectation prioritaire des dons au fonctionnement de l’association et de sa publicité. Selon ces audits, moins de 30% des sommes versées irait à la recherche contre le cancer.

Dans le cas du Téléthon, la crise survient en novembre 2009 quand Pierre Bergé, président du Sidaction accuse l’évènement organisé sous l’égide de l’Association Française contre les Myopathies (AFM) de « parasiter la générosité des Français d’une manière populiste ». Lui-même myopathe, il affirme : « 100 millions pour le Téléthon, ça ne sert à rien ». 

Des conséquences quasi-immédiates sur le montant des dons

Avant les révélations sur la gestion désastreuse de son président, l’Arc recevait plus de 130 millions de francs de dons. Dès 1996 (soit 4 ans avant la condamnation de J. Crozemarie pour abus de confiance et abus de biens sociaux), elle ne percevait plus que 43 millions de francs, soit près de trois fois moins.

Dans le cas du Téléthon, avant la déclaration de Pierre Bergé, l’association avait recueilli 95.200.125 d’euros de promesse de dons en 2008. En 2009, l’AFMn’a recueilli que 90.107.555 d’euros de promesses de dons, soit une baisse de 5 millions. Même si la crise économique explique pour partie cette diminution, les critiques de P. Bergé ont indénibalement joué un rôle, aux dires mêmes de la présidente du Téléthon.

La leçon de ces deux histoires ? Nul besoin d’un scandale financier pour fragiliser une association caritative : la réussite peut suffire.

Franck Gintrand – « Mieux comprendre les enjeux de la communication de crise : 12 analyses comparées »

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