Analyses

AccueilAnalysesCampagnes électoralesCrisesCrises politiquesAffaire Woerth-Bettencourt : une comparaison avec la candidature de Jean Sarkozy à l'EPAD incite à la relativisation

Affaire Woerth-Bettencourt : une comparaison avec la candidature de Jean Sarkozy à l'EPAD incite à la relativisation

Paru le 8 juillet 2010 | dans Crises politiques
Rédigé par Franck Gintrand

Deux affaires médiatiques sans commune mesure (pour l’instant)

L’affaire Bettencourt-Woerth constitue-t-elle une menace pour la crédibilité présidentielle de Nicolas Sarkozy ? Oui, si on considère que 56% des Français qualifient l’affaire Bettencourt de « grave ». Non, si on s’en tient aux sympathisants de droite qui ne sont que 36% à partager cet avis (1). D’un strict point de vue partisan, l’impact semble aussi limité que l’affaire « Clearstream » qui n’avait scandalisé que 43% des Français et 35% des sympathisants de droite (2). Elle est aussi beaucoup moins dévastatrice que la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD qui avait été rejetée par 64% des Français et 51% des sympathisants de droite (3).

L’impact limité de l’affaire Bettencourt-Woerth auprès de l’électorat de droite est confirmé par un autre sondage CSA sur les attentes des Français vis-à-vis du président (4). Là encore, les sympathisants de droite ne sont que 38% à souhaiter que « Nicolas Sarkozy prenne la parole devant les Français pour qu’il donne sa vision de l’affaire » (contre 56% des sympathisants de gauche) et seulement 33% (contre 65% des sympathisants de gauche) à vouloir que « Nicolas Sarkozy procède à un remaniement de son gouvernement ». Ces résultats ne laissent planner aucun doute sur l’état d’esprit des électeurs de N. Sarkozy pour qui le président ne doit pas céder à la pression médiatique.

Indépendamment d’un contexte juridique très incertain, on comprend mieux les hésitations de N. Sarkozy sur la stratégie à adopter et le discours à tenir. Impossible, bien entendu, de sous-estimer la portée d’un évènement imprévu qui donnerait une nouvelle tournure à l’affaire, mais force est de constater qu’il s’agit pour l’instant d’une affaire médiatique plus proche de Clearstream que de la candidature du fils du président à la tête de l’EPAD qui avait  provoqué une fracture entre N. Sarkozy et son électorat. 

(1) CSA – juin 2010 (2) CSA – mai 2006 (3) JDD – Benjamin Bonneau – 16/10/09 (4) CSA – juillet 2010

A lire sur l’élection de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD

Revue de presse

Les débats du moment