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Les clients des agences de notation se rebellent

Paru le 1 juillet 2010 | dans Expertises
Rédigé par Franck Gintrand

Se faire noter oui, mais à condition de l’avoir demandé et de connaître les critères !

De plus en plus, les critères utilisés par les grandes agence de notation sont l’objet d’interrogations et de critiques. Un blogeur, Nicolas Quint, résume bien les griefs qui leurs sont adressés : « les agences surnotent souvent les organismes quand le climat est bon (par exemple, formation de la bulle Internet) et se mettent à massacrer les valeurs quant le climat est mauvais. Bref, elles chantent avec les sirènes et hurlent avec les loups (…) Plus grave, et on le voit dans la crise européenne actuelle, le fait que les agences sur-réagissent aux mauvaises nouvelles pour rattraper ce qu’elles auraient dû voir avant plombe un marché qui a déjà eu vent des mauvaises nouvelles. » (1) 

Si les Etats vivent maintenant dans la crainte d’un déclassement et s’emploient prioritairement à donner des gages de bonne conduite, les collectivités – qui sont encore peu nombreuses à devoir passer sous les fourches caudines des agences -  ne se gènent pas pour contester la hiérarchisation des critères utilisés, a fortiori lorsque les notes sont attribuées d’office par de petites sociétés en quête de visibilité publique.

L’agence de notation française PES (Public Evaluation System) est bien placée pour savoir qu’à défaut d’être une grande agence de notation et d’avoir été sollicitée par des clients, on ne note pas impunément les collectivités sans leur demander leur avis. Utilisant cinq critères destinés à évaluer la gestion (rigidité, solvabilité, service de la dette, réalisations, fiscalité), la méthode de cette agence a été fortement critiquée par l’AFIGESE (Association Finances Gestion Evaluation des collectivités territoriales). Pour cette association, la méthode de PES négligerait totalement des critères qualitatifs pourtant décisifs : « aucun classement n’a de sens en dehors de l’analyse spécifique de chacun des territoires, et donc de la réponse apportée par les contribuables à la seule question qui vaille : « sommes-nous satisfaits du rapport qualité-prix des services publics locaux ? » ». Reste à savoir comment évaluer cette satisfaction. Ce qui est sûr en tout cas c’est que les organisations ne sont pas prêtes à se laisser noter contre leur volonté par les agences !

(1) Résultats d’exploitation, le monde économique et social décrypté par un directeur financier d’une PME. A découvrir Ici

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