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Une étude sur la diversité et dynamique de groupe

Paru le 4 juin 2010 | dans Notes critiques
Rédigé par Franck Gintrand

La composition d’un groupe prédétermine son efficacité : c’est ce que démontrent de récentes études en psychologie des organisations.

Surtout connue pour être utilisée dans les processus de sélection et d’évaluation, la psychologie des organisations s’attache de plus en plus à comprendre en quoi les différences de sexe, d’âge, d’origine ou de formation peuvent renforcer ou limiter l’efficacité du travail collectif.

Ainsi, dans la revue « Cerveau et psycho », deux chercheurs américains font le bilan des recherches menées sur ce sujet. Principal enseignement : la diversité n’est pas systématiquement une source d’émulation et d’enrichissement. Autant les différences de sexe, d’âge et – lorsqu’elles sont justifiées – de formation ont tendance à enrichir le travail d’équipe, autant les différences de nationalité ou d’origine peuvent constituer un frein sérieux à son efficacité. D’ailleurs la diversité d’un groupe de travail – quelle que soit la nature des différences – n’est pas adaptée à toutes les situations. Des profils hétérogènes constituent surtout un gage de performance dans les phases exploratoires et créatives. Au niveau opérationnel, en revanche, l’efficacité est mieux garantie par l’homogénéité que par la diversité des groupes.

Le numéro spécial de Cerveau & Psycho mais aussi le succès du livre de Lionel Dagot – « 100 petites expériences de psychologie en entreprise » – témoignent d’une évolution encore embryonnaire mais très intéressante de la psychologie des organisations en France. Trois enseignements généraux peuvent en être tirés. Un : l’efficacité d’un groupe est largement conditionnée par sa composition. C’est un facteur majeur de réussite qui se révèle souvent plus déterminant que le management du groupe ou la communication interne. Deux : le choix d’une composition homogène ou hétérogène dépend avant tout de l’objectif visé. De même que l’homogénéité peut se révéler stérilisante, la diversité – quelle que soit la nature des différences – peut être une source de fortes tensions, voire n’avoir aucun effet du tout sur la qualité du travail fourni. Trois : toutes ces études incitent à accorder une attention particulière à la composition des groupes qui est encore trop souvent abordée sous l’angle des personnalités ou des fonctions plutôt que sous celui du sexe, de l’âge, de la formation ou de l’origine.

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