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Prise de parole : le média négligé

Paru le 21 mai 2010 | dans Stratégie et communication politiques
Rédigé par Franck Gintrand

Un acte trop souvent considéré comme naturel

Essentiellement dédiée à la production de supports, la communication des organisations continue de négliger l’importance des contacts directs et de considérer la prise de parole comme un acte naturel ne nécessitant ni apprentissage, ni préparation spécifique.

Pour les psychiatres Ch. André et P. Légeron, auteurs de « La peur des autres », la crainte de s’exprimer en public – par timidité ou par phobie – est aujourd’hui une des appréhensions les plus répandues. Plus de 50% de la population redouterait ainsi de parler face à un groupe – même restreint -, 10% à 20% allant même jusqu’à refuser de prendre la parole.

On finirait presque par l’oublier : en matière de communication interne, le « papier » et internet n’ont pas entraîné la disparition, ni même sans doute la fréquence, des entretiens et des réunions de travail. Quant aux interventions des managers, elles se révèlent souvent aussi décisives que les « outils de communication » pour convaincre et mobiliser.

Pourtant, ces échanges directs font rarement l’objet d’une réflexion particulière. Dans l’immense majorité des organisations, ils continuent d’être considérés comme des actes naturels, ne nécessitant ni apprentissage, ni préparation particulière. L’intérêt des recherches de Ch. André et P. Légeron, mais aussi de Philppe Breton, auteur de « L’incompétence démocratique », est de confirmer ce que chacun pressent : la prise de parole – en réunion ou devant une assistance – fait souvent l’objet d’une appréhension qui ne peut être surmontée que par l’apprentissage de techniques spécifiques. Il en va de l’efficacité même de l’entreprise, de sa capacité à impliquer ses collaborateurs et à se faire entendre par son environnement. Ce qui devrait amener logiquement la communication des organisations à attacher au moins autant d’importance aux échanges directs qu’aux fameux « outils ». Force est de constater que c’est encore aujourd’hui loin d’être le cas.

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