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La légitimité de l’impôt en France : ce que disent les sondages

Paru le 12 avril 2010 | dans Focus
Rédigé par Franck Gintrand

« Moins d’impôts » ? Bien sûr ! Mais de là à dire que c’est une priorité…

Si on leur demande leur opinion sur la pression fiscale, les Français trouvent les impôts trop élevés. Mais ce constat – qui n’a rien d’étonnant en soi –  doit être précisé et parfois même relativisé dans le cadre plus large des priorités des Français.

1) Spontanément, les Français ne considèrent pas la diminution des impôts comme une priorité absolue, à plus forte raison lorsque la crise, comme c’est le cas en 2008, semble résulter de l’absence de régulation économique. Mais c’est également vrai dans des périodes moins difficiles. A titre d’exemple, l’enquête réalisée par BVA à la veille des législatives de 2007 montre que la fiscalité n’arrive qu’en 7e position, derrière le chômage, le pouvoir d’achat, la pauvreté et la précarité, l’école et l’éducation, l’assurance maladie et les retraites, la croissance économique et même l’environnement ! (5).

2) Quand on leur pose la question, les Français sont massivement favorables à la diminution des impôts sans être systématiquement hostiles à toute augmentation. Leur opinion varie selon que l’objectif vise à  »assurer une meilleure redistribution sociale en France », « renforcer le rôle et l’intervention de l’Etat », « améliorer les prestations fournies par les services publics » ou encore « faire face aux conséquences sociales de la crise ». Sur un sujet tel que les impôts, le choix de l’objectif visé par la diminution ou l’augmentation est essentiel mais la formulation des questions est au moins aussi déterminante.

3) Si on leur demande les impôts qu’il faudrait diminuer en priorité, les Français marquent une préférence très nette pour la diminution des taxes. Les impôts jugés trop élevés sont logiquement ceux qui concernent le plus grand nombre de Français, à savoir la TVA suivie de près par les taxes et cotisations sur les salaires (64% et 62%). Les impôts locaux et l’impôt sur le revenu n’arrivent qu’en troisième et quatrième position et, c’est important à souligner, quasiment à égalité (56% et 55%) (1). Dans le domaine de la fiscalité, les Français mettent l’Etat et les collectivités locales à la même enseigne et le premier n’est pas forcément perçu comme le plus légitime pour donner des leçons de gestion aux secondes.

C’était déjà le cas il y a 20 ans et ça le reste aujourd’hui : la TVA est jugée très et trop élevée. Dans un sondage Sofres sur le plan Fabius dit de « baisse des impôts », la diminution des taxes sur l’essence était même plus souhaitée que celle la TVA. Autre exemple de la mauvaise réputation des taxes : en septembre 2008, les Français se déclarent favorables à l’instauration du RSA mais hostiles à son mode de financement, une taxe de 1,1 % sur les revenus du patrimoine et de placement (2). Autant dire que le choix d’un nom comme la « taxe carbone » était vraiment mal trouvé…

(1) Sondage BVA  (2) Sondage Ifop (3) Sondage Ifop (4) Sondage Ifop – (5) Sondage BVA

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