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Débat sur l’identité nationale : le pari de Nicolas Sarkozy

Paru le 17 décembre 2009 | dans Stratégie et communication politiques
Rédigé par Franck Gintrand

Derrière le débat sur l’identité culturelle, la question religieuse

Alors que des voix de la majorité présidentielle s’inquiètent des conséquences électorales du débat sur l’identité nationale, les résultats du sondage réalisé par TNS Sofres le 17 novembre confirme la capacité du thème de l’identité nationale à fédérer toute la droite.

A première vue, le sondage révèle une belle unanimité sur le caractère identitaire des droits de l’homme et, dans une moindre mesure, de la protection sociale ou de la laïcité. Mais en y regardant de plus près, des différences apparaissent. Non plus entre les sympathisants FN et le reste de l’électorat mais entre la droite et la gauche. Sur la question de l’identité nationale, le clivage n’a pas disparu : il s’est déplacé pour englober les électorats FN et UMP dans un même ensemble.

Ainsi, les sympathisants de droite sont presque deux fois plus nombreux que ceux de gauche (60% contre 32%) à estimer que l’héritage chrétien est un élément important de l’identité nationale. On observe le même attachement unanime de l’ensemble de la droite à la défense de la culture et du patrimoine et, encore davantage, à celle de la langue française : c’est même  l’élément le plus essentiel de l’identité nationale pour le FN (86%) mais aussi pour l’UMP (75%).

Héritage chrétien, langue, culture… L’ensemble de la droite partage une vision commune de l’identité nationale, une vision qui se définit en creux par opposition aux langues et aux cultures étrangères mais aussi, sinon surtout, par rapport à l’Islam. Loin de conforter le seul électorat du FN, un certain discours sur l’identité nationale est donc bel et bien de nature à séduire l’ensemble de l’électorat de droite. Rien ne dit, néanmoins, qu’il ne permette pas également au FN d’engranger les voix suffisantes pour se maintenir au second tour dans un certain nombre de régions.

La relance de la question identitaire est donc murement réfléchie. Mais cela n’enlève rien au fait que ce pari – comme tous les paris – comporte une part de risque.

Le détail des résultats de l’enquête Sofres, Ici

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