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Malaise à droite : pourquoi ? (suite et fin)

Paru le 26 novembre 2009 | dans Généralités
Rédigé par Franck Gintrand

De l’exagération du portefeuille dans l’interprétation des comportements politiques

La place prise dans le débat public par la fiscalité et le pouvoir d’achat ne doit pas tromper : le portefeuille n’est pas devenu le premier critère sur lequel les Français se basent pour juger du bienfondé des politiques nationales et locales. Si tel était le cas, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux serait plébiscité et l’argument consistant à défendre la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD par l’absence de rémunération aurait été entendu. Or le sondage réalisé par CSA montre très bien que d’autres préoccupations se révèlent en définitive plus déterminantes que le seul argument financier : la protection de l’environnement, la crainte du chômage ou encore la défense du mérite.

Si la hausse du forfait hospitalier et l’instauration d’une cagnotte financière pour lutter contre l’absentéisme à l’école ont autant scandalisé l’électorat de droite, ce n’est pas tant pour des raisons financières que, là encore, pour des questions de principe. C’est ce qui ressort nettement de l’étude des forums internet : l’augmentation du forfait hospitalier est d’abord rejetée parce qu’elle met en relief l’inefficacité et, peut-être plus grave encore, l’inéquité croissante du système, le refus de s’attaquer aux « abus », au « gâchis », à la « triche » ou encore à « l’absence de contrôle des dépenses » et « la révision de l’assiette de contribution ». Même constat pour l’idée d’une cagnotte destinée à motiver les élèves. Dans les forums, la mesure n’est pas rejetée parce qu’elle engendrerait des dépenses supplémentaires mais, plus fondamentalement, parce qu’elle remettrait en cause des valeurs comme le mérite et  l’effort. Ces mêmes valeurs que l’on retrouve de façon lancinante dans les forums sur la candidature de Jean Sarkozy. Bref, si la préoccupation du portefeuille joue bien souvent un rôle de révélateur, l’appréciation d’une politique reste une affaire de valeurs. Malgré la dureté des temps. A droite, comme à gauche.

Pour les chiffres du sondage CSA, voire la première partie de cette analyse ci-dessous.

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