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Un exemple de stratégie politique : l'organisation de primaires pour la désignation du candidat de l'UMP par Nicolas Sarkozy en

Paru le 23 avril 2009 | dans Présidentielles
Rédigé par Franck Gintrand

Un coup de maître

Un an avant l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy change les statuts du parti pour autoriser la désignation du candidat de l’UMP par les militants. Une première à droite. Un coup de maître de Sarkozy qui écarte ainsi ses concurrents potentiels…

« [L'UMP] constitue une base arrière que [Nicolas Sarkozy] entend fortifier pour dissuader Villepin de se lancer dans la bataille contre lui et ­ le cas échéant ­ disposer d’un puissant arsenal pour le combattre. Sa longue expérience au RPR et l’échec d’Edouard Balladur, candidat sans parti en 1995, l’ont convaincu qu’avoir une formation politique dans sa manche représentait une force sans équivalent (…) Avec quelque 171 500 encartés, acquis à sa cause dans leur immense majorité, Nicolas Sarkozy n’a guère eu à réfléchir trop longtemps. Toute sa stratégie consiste à s’abriter derrière eux et à les instrumentaliser en introduisant une bonne dose de démocratie… au service exclusif de ses intérêts.

Un congrès virtuel

Entorse à la chiraquie. Samedi, le patron de l’UMP évoquera ainsi devant ses cadres sa dernière trouvaille : un congrès électronique ­ rebaptisé «congrès virtuel» par ses détracteurs ­ début 2006, pour modifier les statuts du parti à propos du mode de désignation du candidat de l’UMP à la présidentielle. Un sujet explosif que les fondateurs du parti n’avaient pas pu régler en 2002 et qui divise aujourd’hui les chefs de la majorité. Concrètement, les adhérents seraient invités à approuver, ou à rejeter, via Internet, une proposition de changement de statuts autorisant la désignation par vote des militants du candidat UMP à la présidentielle. Encore embryonnaire, ce projet qui doit être validé par un bureau politique en fin d’année. Hostiles à toute désignation d’un candidat par les militants au nom du principe gaulliste de «la rencontre d’un homme et du peuple», les chiraquiens préparent leur riposte.

Renouvellement de l’encadrement

Liste noire. Tout miel avec les nouveaux militants recrutés par des méthodes de marketing agressif (Internet, mailing, caravane sur les lieux de vacances…), Nicolas Sarkozy s’ingénie aussi à renforcer sa suprématie dans toutes les strates de l’appareil du parti. Au mois de mars est prévu un vaste renouvellement des cadres dans les fédérations. «Tout est en train de se mettre en place pour faire la peau des élus et parlementaires non estampillés sarkozystes. C’est Paris et le secrétaire général de l’UMP Brice Hortefeux qui téléguident les opérations avec une liste noire de tous ceux dont ils veulent se débarrasser», affirme un député chiraquien du sud de la France. Nicolas Sarkozy a également dégainé la redoutable arme des investitures aux législatives et municipales pour les villes de plus de 30 000 habitants. Avec à la clé un processus a priori plus démocratique pour les militants dans le choix des candidats. Un calendrier calé en amont de la présidentielle a ainsi été retenu au motif d’éviter les pressions liées à ce scrutin. Il pourrait en réalité donner des migraines aux imprudents refusant de soutenir dès aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Sous la houlette de Jean-Claude Gaudin, n° 2 du parti et maire de Marseille, un «premier tour d’horizon des circonscriptions» vient de démarrer. Il s’achèvera au printemps 2006 avec une liste des candidats retenus par la rue de la Boétie pour les législatives de 2007. Mais, nouveauté de taille, ils devront dans certains cas être confirmés «pour avis» (le conseil national du parti validant in fine le lauréat) par un vote des militants de la circonscription. »

GUIRAL Antoine – Libération – 15/10/05

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