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L'engagement éthique comme acte de communication et volonté politique

Paru le 4 juin 2007 | dans Politique extérieure de l'entreprise
Rédigé par Franck Gintrand

Plus qu’une mode : une tendance de fond

Chaque année de nouvelles chartes sont lancées sur les sujets les plus divers… avec plus ou moins de succès. 

Que ce soit pour fixer des principes ou des objectifs communs, de nombreuses chartes continuent de voir le jour chaque année. Certaines sont évidemment plus médiatisées que d’autres, comme la charte des stages en entreprise en 2006 ou celle sur la rémunération patronale dévoilée par le MEDEF au début de cette année. Ces exemples reflètent une tendance générale. Pour la seule année 2006, une multitude de nouvelles chartes a ainsi vu le jour dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, le bâtiment, le cinéma, le secteur hospitalier, les ONG, les collectivités locales ou la recherche. 

Disposant rarement d’une portée juridique, les chartes sont avant tout l’expression d’une volonté collective : celle d’aller au-delà de ce qu’impose la loi. Cette volonté diffère selon les cas. Les chartes d’usagers souhaitent garantir la qualité d’un service ou d’un produit. Les chartes professionnelles visent à homogénéiser les pratiques d’un secteur ou d’un métier. Quant aux chartes internes, elles ambitionnent de formaliser les objectifs d’une organisation sur des sujets tels que la mobilité, la formation ou la diversité de recrutement. L’objectif d’une charte peut donc être plutôt commercial ou organisationnel. Il peut viser à améliorer une image, réorganiser un secteur ou influencer les pouvoirs publics. Mais ces objectifs sont loin d’être systématiquement atteints. Si la multiplication des chartes s’explique par leur relative facilité d’élaboration, on relève de nombreux échecs : le plus souvent parce qu’elles n’ont pas été conçues dans le cadre d’une stratégie globale ou parce que, une fois le lancement annoncé, elles ne font l’objet d’aucun suivi ni d’aucune étude d’efficacité. Bilan : beaucoup de chartes s’avèrent encore aujourd’hui des investissements aussi lourds qu’inutiles.

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