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L’efficacité du lobbying de la cause animale

Paru le 21 mai 2007 | dans Politique extérieure de l'entreprise
Rédigé par Franck Gintrand

Analyse d’un take off culturel

Le bien être animal montre que, pour avancer, une cause n’a pas forcément besoin d’être une priorité pour l’opinion publique : un lobbying efficace auprès des instances décisionnaires peut suffire amplement.

L’idée selon laquelle l’animal aurait des droits au même titre que le genre humain connaît des progrès significatifs depuis quelques années. Les associations de défense des animaux n’y sont pas étrangères. A titre d’exemple, le projet de loi des verts espagnols s’inspire directement d’un manifeste militant, « The Great Ape Project », élaboré à Londres en 1993. Mais le mouvement est également relayé par des institutions internationales. Outre l’organisation mondiale pour la santé animale (l’OIE), l’Union européenne mène une politique réglementaire et incitative très active dans le secteur de l’élevage industriel et, aujourd’hui, dans le secteur de l’expérimentation.

Cette politique, tout comme les principes de « The Great Ape Project » tirent leur force non plus seulement de considérations morales mais aussi de travaux scientifiques. La France reste pour l’instant très réservée face à ce mouvement. Ni le bien être animal, ni la reconnaissance de droits aux animaux ne figure dans les programmes électoraux, y compris dans les priorités affichées par les verts. Mais tout indique que ce n’est plus au niveau national et politique que se joue ce dossier.

Les agriculteurs et les industriels concernés l’ont-ils vraiment compris ? Rien n’est moins sûr.

Après la Suisse en 1992 et l’Allemagne en 2003, l’Espagne sera-t-elle le troisième pays européen à reconnaître l’égalité des droits entre les hommes et les grands singes ? C’est en tout cas le sens d’une proposition de loi déposée cette année (en 2007) par les verts espagnol. Parallèlement, l’Union européenne vient d’adopter un plan quinquennal visant à renforcer la protection et le bien être animal en matière d’élevage et d’essais cliniques. Plusieurs actions sont à l’ordre du jour comme l’encouragement des méthodes de substitution à l’expérimentation animale, la création de normes plus exigeantes et d’un label destiné à informer les consommateurs.

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