Analyses

AccueilAnalysesCampagnes électoralesElectionsMunicipalesLa faible audience des sites politiques (publié en 2006)

La faible audience des sites politiques (publié en 2006)

Paru le 4 juin 2006 | dans Municipales
Rédigé par Franck Gintrand

Un phénomène encore limité

Bien que les internautes représentent aujourd’hui la moitié de la population française, seuls 9% d’entre eux utilisent le web pour obtenir des informations politiques.

En dépit de l’intérêt porté par les Français à l’élection présidentielle, Internet n’est pas devenu le média dominant que certains prédisaient, ni même une source d’information et de communication politique de premier plan. C’est ce que montre un sondage TNS Sofres réalisé au début de cette année. Certes, les Français ont entendu parler des blogs politique et sont favorables à cette nouvelle façon de communiquer, jugée à la fois plus directe et plus moderne que les médias traditionnels. Mais pour se forger une opinion sur les élections et suivre l’actualité politique, ils n’en continuent pas moins de préférer la télévision, la presse, la radio sans oublier les « discussions avec les proches et les amis ». Même les internautes – qui représentent environ la moitié de la population des + de 18 ans – ne sont que 9% à aller sur les sites et les blog d’élus, de partis ou d’information politique. Que souhaitent trouver les internautes sur un blog (ou un site) politique ? Un sondage CSA réalisé à la fin de l’année dernière recense par ordre d’intérêt : le programme politique du candidat (81%), ses derniers discours en version écrite (69%), un moyen de communiquer directement avec le candidat (63%) et avec d’autres internautes (58%) ou encore l’accès au derniers discours de la personnalité en version sonore (55%). En revanche les vidéos, les photos et l’agenda du candidat n’intéressent que 30% des internautes.

Si l’on met à part les sites des collectivités locales, des médias et des fournisseurs d’accès (dont les taux de fréquentation dépassent les 80% selon TNS-Sofres), les sites proprement politiques ne recueillent qu’une audience très limitée. Il faut y voir la conséquence du parti pris qui caractérise inévitablement ce type de sites. Pour un internaute en quête d’informations sur les élections, les sites politiques s’apparentent plus à des moyens d’expression personnels ou partisans qu’à de véritables médias par définition axés sur l’actualité et obligés à une certaine objectivité. Cela n’empêche évidemment pas une minorité d’internautes de fréquenter occasionnellement ces sites pour y trouver des informations sur des candidats et leurs propositions. Mais, dans le domaine politique, Internet n’est pas tant conçu et apprécié pour sa valeur informative que pour son potentiel de communication. Ce n’est pas un hasard si les blogs, forums et chats puisent leur spécificité et leur raison d’être dans l’échange. Ces sites sont d’autant plus appréciés si la contradiction, la protestation, la critique peuvent s’exprimer librement et être retranscrites fidèlement. C’est rarement possible – ou en tout cas souhaité – sur les sites conçus par des partis, des élus ou des candidats. Dans ces conditions, on comprend mieux que les Français puisse à la fois apprécier les blogs politiques comme une possibilité de discussion (avec les candidats et entre internautes) tout en en estimant, dans le même temps, qu’il s’agit surtout d’un « gadget à la mode »  (Sondage CSA réalisé en octobre 2006)…

Revue de presse

Les débats du moment